Face à la vague de transmissions d’entreprises et à la hausse des faillites, le député LFI Matthias Tavel a déposé mercredi 22 avril une proposition de loi pour lever les obstacles culturels, juridiques et financiers qui freinent encore la reprise d’entreprises par les salariés sous forme de coopérative.
Un dirigeant sur quatre a aujourd’hui plus de 60 ans et près de 700 000 entreprises pourraient changer de main dans les dix prochaines années. Selon une étude de Bpifrance Le Lab, publiée en novembre 2025, 40 % des dirigeants envisagent de transmettre leur société dans les cinq ans.
D’ici à 2030, environ 370 000 entreprises pourraient ainsi être concernées, dont 310 000 TPE et 58 000 PME. La question se pose de savoir si les repreneurs seront des fonds d’investissement ou les salariés eux-mêmes…
Dans une économie où l’héritage représente désormais 60 % du patrimoine, contre 35 % dans les années 1970, la transmission d’entreprise apparaît ainsi comme un enjeu majeur pour une société plus démocratique dans les prochaines années. (...)
Les coopératives comme alternative
En cinq ans, le modèle coopératif s’est développé de 19 %, soit 674 coopératives. Aujourd’hui, les sociétés coopératives et participatives (Scop), dans lesquelles plus de 51 % du capital appartient aux salariés, et les sociétés coopératives d’intérêt collectif (Scic), dans lesquelles le capital peut appartenir à des acteurs extérieurs, représentent environ 4 600 entreprises en France. (...)
Pour un véritable droit de reprise pour les salariés (...)
« La coopérative est un modèle vertueux et plus démocratique » : une proposition de loi déposée pour faciliter la reprise des entreprises par leurs salariés (...)
L’accès au financement, principal obstacle
Car les salariés qui souhaitent reprendre leur entreprise doivent souvent commencer par investir leurs propres économies. Dans de nombreux cas, ce sont leurs indemnités de licenciement qui servent de premier capital. Dans une coopérative, les salariés coopérateurs doivent, en effet, rester majoritaires, détenant au moins 51 % du capital et 65 % des droits de vote.
Mais une fois ce premier effort consenti, trouver des financements extérieurs reste souvent difficile. (...)
Pour lever cet obstacle, Matthias Tavel propose la création d’un fonds de développement coopératif, placé auprès de la Caisse des dépôts. (...)
Taxer les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros (...)
La méfiance persistante des tribunaux de commerce (...)
« Les salariés connaissent leur entreprise mieux que quiconque : les machines, les clients, les savoir-faire et les besoins du territoire, conclut Matthias Tavel. À l’heure d’une désindustrialisation préoccupante, préserver la souveraineté industrielle de la France passe par ce modèle vertueux et plus démocratique. »