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« Le gouvernement a décidé de tout démanteler » : le monde du vélo sonné par les coupes budgétaires
#velo #budget
Article mis en ligne le 27 janvier 2026
dernière modification le 24 janvier 2026

L’effondrement du budget du « plan vélo » met un brutal coup d’arrêt à une dynamique pourtant encourageante. Les petites villes risquent d’être les plus lourdement touchées.

« Nous sommes dans une phase de régression totale sur tous les sujets vélo. Le gouvernement a décidé de tout démanteler », s’alarme Céline Scornavacca, coprésidente de la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB). La structure représente un réseau de 550 associations locales dédiées à la promotion du vélo, représentant 30 000 adhérents, et pilote plusieurs des dispositifs phares du « plan vélo » déployé depuis 2020.

Comme elle, la plupart des acteurs et actrices du petit monde du vélo nourrissent ces derniers mois un sentiment mêlé d’inquiétude et de consternation. Le budget 2026, non encore définitif, risque de s’achever sur un coup de grâce à la politique nationale de développement du vélo. (...)

« Les petites villes ne pourront pas poursuivre seules les investissements » (...)

Vélos-cargos : la fin d’une aide à l’achat

Il existait six programmes CEE d’aide au développement du vélo. 3 sont échus et 3 se terminent en 2026, sans renouvellement prévu. Ils permettaient notamment à des entreprises de se convertir au vélo cargo, de financer des interventions en milieu scolaire sur l’apprentissage du vélo, d’inciter la construction de parking vélo, etc. (...)

Pour ne rien arranger, les années d’élections municipales sont habituellement des périodes de trou d’air. Les projets conduits par les équipes sortantes touchent à leur fin et les nouveaux projets ne sont pas encore en marche.

Cette combinaison de mauvaises nouvelles risque de conduire beaucoup de professionnels vers le chômage technique, ou le chômage tout court. (...)

La réparation également touchée

Le choc est moins rude pour les ateliers d’autoréparation, petites structures souvent autogérées, sans aide de l’État. L’Heureux cyclage, association qui fédère 180 ateliers (8 000 bénévoles et 250 employés) doit tout de même encaisser une division par 4 d’une subvention ministérielle entre 2020 et 2025 et présage une coupe de moitié des aides perçues de l’Agence de la transition écologique (Ademe).

Elle compte sur un nouveau mécanisme financier, obligeant les producteurs de deux-roues à financer le réemploi des vélos, pour préserver l’emploi de ses trois salariés équivalent temps plein.

Les perspectives sont plus inquiétantes, en revanche, dans les ateliers qui embauchent des personnes en réinsertion par l’activité. Le poste budgétaire de ces chantiers d’insertion subit une forte baisse en 2026 (-14 %).
Un vélo de plus en plus pratiqué

Paradoxalement, les premiers résultats du plan vélo sont encourageants. Entre 2020 et 2024, la fréquentation des aménagements cyclables a bondi de près de 40 %, selon la FUB. La part modale du vélo est elle aussi en augmentation, autour de à 3,5 % selon l’association Vélo et Marche. « Ce qui s’est passé au cours du dernier mandat municipal dans des métropoles comme Paris, Lyon, Montpellier est incroyable », insiste Céline Scornavacca.

Et ce, avec très peu de moyens financiers, en comparaison aux autres politiques de transport. (...)