Des boulettes dans la ria
« J’habitais déjà à Locoal-Mendon lors du naufrage de l’Erika. On voyait des boulettes de fioul arrivées jusque dans la ria d’Étel. J’avais été chanter après le naufrage de l’Amoco Cadiz (1978) et je souviens de cette mer noire. Pour l’Erika, on était face à une situation différente, plus diffuse, plus sournoise, avec du fioul qui naviguait entre deux eaux. J’ai chanté au printemps suivant à Sauzon (Belle-Ile-en-Mer) au profit des pêcheurs locaux, qui continuaient à en remonter dans leurs filets ».
Révolté
« Autant je n’ai jamais rien pu écrire sur l’Amoco, j’étais trop triste, autant pour l’Erika c’est sorti comme un cri du cœur, entre Noël et le nouvel An. J’étais révolté par le reportage que je venais de voir à la télévision, et cette scène du patron de Total venu constater les dégâts et qui remonte en rigolant dans sa voiture après avoir promis de lâcher une partie de son salaire… Comme pour l’Amoco, je n’ai jamais compris comment on pouvait prendre le risque d’affréter un navire aussi pourri pour transporter une merde pareille, juste pour gagner un peu plus d’argent ».
Merci les bénévoles
« Contrairement à l’Amoco, on a senti tout de suite un élan, une dynamique après l’Erika. Il fallait ramasser, ramasser encore, et revenir le lendemain. J’ai une immense admiration pour tous ces bénévoles (...)
– Paroles de la chanson Erika, Erika par Gilles Servat lyrics
ERIKA, ERIKA
Y a un bateau qui s’est cassé en deux, que sur tous ces endroits s’est répandue une saloperie innommable et on se sent, on se sent souillés parce que c’est sur nos trésors que ça s’est répandu. On se sent humiliés aussi parce que ça a recommencé et que ça peut recommencer ce soir et on fait une chanson parce qu’il faut que ça sorte.
Un pavillon de complaisance
Un armateur digne de confiance
Le bénéfice pour étendard
Quelques esclaves pour équipage
Une couche de rouille pour le blindage
Et vingt-deux mille tonnes de coaltar.
(...)
Lire aussi :
– (France Bleu)
Le pétrole de l’Erika refait surface en Bretagne, 26 ans après son naufrage
Une quinzaine d’oiseaux mazoutés ont été retrouvés ces dernières semaines sur des plages du sud-Finistère. D’après les analyses réalisées par le Cedre, le pétrole provient du pétrolier Erika, qui a fait naufrage en décembre 1999.
C’est une marée noire que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître. La catastrophe de l’Erika, le 12 décembre 1999, vient de se rappeler au mauvais souvenir des Bretons. D’après une information de la radio RTL qu’ICI Breizh Izel a pu confirmer, une quinzaine d’oiseaux maculés de pétrole ont été vus ces dernières semaines sur des plages du sud-Finistère.
Sept échantillons de plumes mazoutées ont été envoyés au Cedre, le Centre de documentation, de recherche et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux. D’après l’organisme basé à Brest, le résultat des analyses est sans appel : les traces d’hydrocarbures sont identiques au pétrole de l’Erika. Dont les deux morceaux de l’épave reposent par environ 120 mètres de fond, à quelque 35 miles nautiques au sud de la pointe de Penmarc’h. (...)