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Énergie : « Bercy ne jure plus que par le nucléaire »
#nucleaire #energies #France #UE #urgenceclimatique
Article mis en ligne le 20 janvier 2024
dernière modification le 19 janvier 2024

Le projet de loi pour la souveraineté énergétique est « préoccupant », alerte Anne Bringault, du Réseau Action Climat. Les ambitions climatiques ont en effet été enlevées du texte.

Maintes fois repoussée, la loi de programmation sur l’énergie et le climat, transformée en projet de loi sur la souveraineté énergétique, devait mettre les objectifs français en conformité avec ceux de l’Union européenne. Entre autres : 55 % de baisse des émissions de gaz à effet de serre et 42,5 % d’énergies renouvelables dans la consommation énergétique, d’ici 2030, par rapport à 1990. Contre respectivement 40 et 33 % inscrits pour l’instant dans la loi française.

Mais, alors que l’avant-projet de loi avait déjà drastiquement raboté ces objectifs, une nouvelle version du texte est carrément amputée de tout son volet programmatique. Dans cette nouvelle mouture, présentée le 17 janvier aux membres du Conseil national de la transition écologique, ne figurent plus que des dispositions relatives à la protection des consommateurs et à la réforme du marché de l’électricité et de l’hydroélectricité. Les ambitions climatiques et de transition énergétique sont repoussées à un texte ultérieur, sans aucune échéance annoncée pour le moment.

Pour Anne Bringault, directrice des programmes au Réseau Action Climat (RAC), ce renoncement est un signal très inquiétant quant aux ambitions climatiques de la France. (...)

Nous sommes dans un moment un peu similaire à celui où Nicolas Sarkozy avait déclaré que l’écologie, « ça commence à bien faire ». (...)

Aujourd’hui, on a un ministère de l’Écologie rétrogradé, démantelé avec la transition énergétique passée sous le contrôle du ministère de l’Économie, et un Premier ministre, Gabriel Attal, qui ne s’exprime pas sur ces sujets et n’a pas reçu les associations de protection de l’environnement au même titre que les autres forces vives de la nation. Donc oui, il y a une vraie crainte de reculs pour l’avenir. (...)

Maintenant, on a le sentiment que Bercy ne jure plus que par le nouveau nucléaire.

Sauf que les nouveaux EPR ne seront pas construits avant 2035 au mieux, voire 2040. Le seul levier efficace à court terme pour la souveraineté énergétique, ce sont les énergies renouvelables. (...)

Et la France pousse en Europe pour que l’on développe ce qu’elle appelle « l’énergie décarbonée », plutôt que les énergies renouvelables. Elle veut vendre sa solution nucléaire à des pays d’Europe de l’Est, au risque de freiner les moyens mis sur le renouvelable. (...)