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Des scientifiques alertent : les fuites d’hydrogène sont 200 fois plus néfastes pour le climat que le CO2
#hydrogène #rechauffementclimatique
Article mis en ligne le 21 décembre 2023

C’est une petite bombe que lancent certains scientifiques et climatologues du GIEC. Selon eux les fuites d’hydrogène dans l’atmosphère contribuent de façon non négligeable à l’effet de serre. Leur impact est si puissant qu’elles pourraient saper l’avantage de l’utilisation de cette énergie dans la transition énergétique.

L’hydrogène vert sera-t-il la recette miracle qui sauvera notre climat ? L’Europe et dans son sillage plusieurs gouvernements, semblent y croire. L’un après l’autre, ils élaborent des plans pour développer la filière à coups de milliards d’euros d’aides publiques. (...)

Quant à Emmanuel Macron, il ambitionne tout simplement dans son plan « France 2030 », de faire du pays « le leader de l’hydrogène vert » (...)

« Pas si vite » préviennent certains scientifiques. Steven Hamburg est un ancien professeur de sciences environnementales qui a été l’un des principaux auteurs des rapports du GIEC, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Il est à présent scientifique en chef de l’Environmental Defense Fund (EDF), une organisation à but non lucratif basée aux États-Unis.
« L’hydrogène est un puissant gaz à effet de serre lorsqu’il fuite dans l’atmosphère » a-t-il déclaré à Euractiv. « Il a une courte durée de vie mais, à masse égale, il est 200 fois plus néfaste que le dioxyde de carbone (CO2) ».

En réalité, l’impact de l’hydrogène est indirect : il prolonge la durée de vie dans l’atmosphère du méthane, dont on sait que le potentiel de réchauffement global[1] est élevé. En outre, les réactions de l’hydrogène dans la troposphère avec les autres gaz qui la composent, participent à la formation d’ozone et de vapeur d’eau, et ces molécules accroissent aussi l’effet de serre.

La contribution indirecte des fuites d’hydrogène dans l’atmosphère au réchauffement global est si importante qu’elle « pourrait saper les avantages climatiques des efforts de décarbonation », a prévenu Ilisa Ocko, une climatologue senior de l’EDF qui s’est exprimée lors d’un événement organisé par Euractiv fin septembre. (...)

Fuites d’hydrogène : insuffisamment étudiées et sous-déclarées (...)

Les risques de fuites sont importants (...)

Ainsi, mêmes les meilleurs réservoirs ne sont jamais complètement étanches : ceux des voitures à hydrogène, par exemple, peuvent se vider en quelques semaines, même quand le véhicule est à l’arrêt.

Selon les estimations des scientifiques, la production et l’utilisation d’une tonne d’hydrogène pourrait laisser s’échapper entre 5 et 30 kg de ce gaz. Cette fourchette aurait le même impact sur le climat que 1 à 6 tonnes de CO2.

L’autre risque lié aux fuites d’hydrogène est dû à la grande inflammabilité de ce gaz (...)

Lire aussi :

 (Euractiv)
Les scientifiques mettent en garde contre l’effet des fuites d’hydrogène sur le réchauffement climatique

(...) « L’hydrogène est un puissant gaz à effet de serre indirect à courte durée de vie qui est 200 fois plus puissant que le dioxyde de carbone au moment où il est libéré, kilogramme pour kilogramme », a déclaré Steven Hamburg à EURACTIV.

M. Hamburg est un ancien professeur de sciences environnementales qui a été l’un des principaux auteurs du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) de l’ONU. Selon lui, l’hydrogène est problématique car il interagit avec le méthane présent dans l’atmosphère. (...)

Lorsque ces effets atmosphériques sont pris en compte, les avantages climatiques du remplacement des combustibles fossiles par l’hydrogène deviennent moins évidents, a-t-elle averti — même lorsque l’hydrogène est produit à partir d’électricité renouvelable. (...)

Lorsqu’elle a présenté sa stratégie en matière d’hydrogène l’année dernière, la Commission européenne a fixé une priorité claire pour développer l’hydrogène renouvelable, produit principalement à partir de sources d’énergie propres comme l’énergie éolienne et solaire.

En Europe, des pays comme la France et l’Allemagne ont adopté des stratégies en matière d’hydrogène soutenues par des milliards d’euros de financement public. (...)

D’autres scientifiques ont confirmé à EURACTIV que les fuites d’hydrogène pouvaient poser un risque climatique, mais ont déclaré que l’étendue du problème devait faire l’objet de recherches supplémentaires.

Les scientifiques de l’institut CICERO à Oslo font partie de ceux qui étudient les impacts climatiques de l’hydrogène. Un document de recherche préliminaire, publié sur leur site web, indique : « Les émissions de gaz d’hydrogène dans l’atmosphère peuvent très probablement provoquer un réchauffement climatique par le biais d’effets indirects. »

CICERO a cependant refusé de commenter pour cet article, affirmant que leurs recherches n’étaient pas assez mûres. (...)

D’autres scientifiques contactés par EURACTIV s’accordent à dire que la question des fuites d’hydrogène mérite d’être approfondie.

« La question est probablement insuffisamment étudiée et définitivement sous-déclarée », a déclaré Falko Ueckerdt, scientifique principal à l’Institut de Potsdam pour la recherche sur l’impact climatique, un organisme financé par le gouvernement allemand.