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Débat Trump-Harris : pourquoi ils n’ont presque pas parlé d’écologie
#USA #Trump #Harris #electionpresidentielle #ecologie
Article mis en ligne le 12 septembre 2024
dernière modification le 11 septembre 2024

L’écologie a été quasi absente du débat entre les candidats à la présidentielle étasunienne Donald Trump et Kamala Harris, le 10 septembre. En parler serait un risque pour la démocrate, qui cherche à attirer les voix des indécis.

Pendant une heure et demie, les candidats sont revenus ce mardi sur l’immigration, l’économie ou la santé. Kamala Harris a su se montrer de taille, et a poussé Donald Trump sur la défensive. Le climat, lui, a occupé seulement quelques minutes des discussions. Les candidats n’avaient qu’une minute pour répondre à la question : « Que feriez-vous pour lutter contre le changement climatique ? » Kamala Harris a vanté la politique de Joe Biden, notamment avec sa loi Inflation Reduction Act (qui prévoit de réduire de 40% les émissions de carbone d’ici 2040), et son développement des énergies vertes. Elle s’est également targuée de l’augmentation de la production de pétrole américain, pour réduire la dépendance des importations.

Donald Trump n’a proposé aucune mesure pour l’environnement — le républicain a tout de même concédé qu’il est « un grand fan du solaire », référence aux énergies solaires — tout en attaquant à maintes reprises son adversaire. Il l’a accusée de vouloir interdire le « fracking » (fracturation hydraulique), une technique d’extraction de gaz naturel. Kamala Harris a répété qu’elle ne l’interdirait pas (...)

L’absence de place donnée au changement climatique lors de ce débat est à l’image de la campagne. « Je pense que les stratèges politiques démocrates voient un risque potentiel à parler de ce sujet. Ils craignent que les indépendants, ou les républicains modérés, qui pourraient voter pour Kamala Harris, soient réticents à cause de ses ambitions climatiques », estime Edward Maibach, professeur et directeur du George Mason University Center for Climate Change communication.

Parler d’écologie est un risque (...)

« Les démocrates font un calcul, celui de se concentrer sur les électeurs indécis. Ils doivent estimer qu’ils sont plus précieux, qu’il est préférable de gagner une voix d’un indépendant, qui n’ira pas chez les Républicains, quitte à perdre la voix d’un électeur préoccupé par le climat. Car il y a un tel écart entre les programmes des démocrates et des républicains sur le climat, qu’il n’y a pas de risque que l’électeur préoccupé par le climat décide de rejoindre les républicains », explique Christian Suarez, chercheur en politique climatique à l’University of Colorado Boulder.

Si Donald Trump se dit en faveur des industries d’énergies fossiles, il a très légèrement nuancé sa position. « Donald Trump avait qualifié le changement climatique de “blague”. Il ne l’a pas fait récemment. Je pense que lui et son équipe comprennent qu’il ne peut plus le nier, et que le faire pourrait potentiellement lui nuire dans l’élection », analyse Matt Burgess. (...)

« Les démocrates font un calcul, celui de se concentrer sur les électeurs indécis. Ils doivent estimer qu’ils sont plus précieux, qu’il est préférable de gagner une voix d’un indépendant, qui n’ira pas chez les Républicains, quitte à perdre la voix d’un électeur préoccupé par le climat. Car il y a un tel écart entre les programmes des démocrates et des républicains sur le climat, qu’il n’y a pas de risque que l’électeur préoccupé par le climat décide de rejoindre les républicains », explique Christian Suarez, chercheur en politique climatique à l’University of Colorado Boulder.

Si Donald Trump se dit en faveur des industries d’énergies fossiles, il a très légèrement nuancé sa position. « Donald Trump avait qualifié le changement climatique de “blague”. Il ne l’a pas fait récemment. Je pense que lui et son équipe comprennent qu’il ne peut plus le nier, et que le faire pourrait potentiellement lui nuire dans l’élection », analyse Matt Burgess. (...)

Pour Matt Burgess, d’un point de vue stratégique, « aucun candidat n’a intérêt à parler du changement climatique ». (...)