Plus l’urgence climatique est visible et les catastrophes dramatiques, plus les voix remettant en question les causes humaines du dérèglement retrouvent du souffle. En France, les climatosceptiques n’ont pas désarmé : ils ont renouvelé leur arsenal, et leur objectif reste le même : répandre le trouble par tous les moyens. Décryptage.
Comment réagir face à la sidération ? C’est la véritable question en filigrane de ce qu’on résume souvent par l’expression « urgence climatique ». Et ces deux derniers étés ont donné de multiples occasions de tester notre capacité individuelle et collective à y faire face. (...)
Mais des relents de climatoscepticisme continuent de se répandre : sur CNews au printemps dernier, lorsque Pascal Praud recevait encore Christian Gerondeau, ancien haut fonctionnaire et climatosceptique notoire venu présenter son nouvel ouvrage ; à la une du hors-série de Valeurs actuelles dédié au climat, qui donne la parole à ceux qui se font appeler les « climato-réalistes » ; ou, plus récemment encore, à l’Académie Georges-Mandel, censée nourrir intellectuellement le parti Les Républicains, avec le controversé Yves Roucaute, auteur du livre L’Obscurantisme vert. Des figures de proue dans la droite ligne du climatoscepticisme traditionnel, niant sans embarras la réalité du changement climatique et l’importance de la responsabilité des activités humaines dans celui-ci. Des mécanismes parfaitement décrits par Naomi Oreskes et Erik Conway dans leur livre de référence Les Marchands de doute (Le Pommier, 2012), et par le journaliste du Monde Stéphane Foucart dans L’Avenir du climat : enquête sur les climato-sceptiques (Folio, 2015).
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Nous avons tous du mal à intégrer les impacts du changement climatique et cela ouvre une brèche cognitive. (...)