Le gouvernement allemand avait promis à plus de 2300 Afghans réfugiés au Pakistan de les accueillir en Allemagne. Or, Berlin refuse désormais d’assumer son engagement pour la moitié d’entre eux, malgré plusieurs revers judiciaires et la situation des droits de l’homme qui continue à s’aggraver en Afghanistan.
Malgré des centaines de poursuites judiciaires lancées par des Afghans devant les tribunaux allemands, le gouvernement fédéral ne semble pas fléchir. Berlin a révoqué les promesses d’admission pour plus d’un millier d’anciens employés locaux afghans et figures de l’opposition actuellement bloqués Pakistan.
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Clara Bünger, porte-parole de Die Linke pour les questions migratoires, a vivement critiqué cette approche dans les colonnes du Neue Osnabrücker Zeitung, qualifiant de "lamentable" le fait que "des centaines d’Afghans au Pakistan aient à se tourner vers les tribunaux administratifs allemands pour obtenir de l’aide et doivent poursuivre péniblement le gouvernement fédéral afin qu’il honore sa promesse".
D’autant que les tribunaux statuent plutôt en faveur des Afghans. (...)
Clara Bünger estime toutefois que "lorsqu’il s’agit de tenir sa parole, le gouvernement ne doit pas laisser la décision aux tribunaux". Elle exige que toutes les promesses d’accueil, faites sous le précédent gouvernement de coalition de centre-gauche soient mises en œuvre "rapidement et sans complications", appelant à mettre fin à ce qu’elle qualifie de "tactique d’usure juridique" du gouvernement.
Des femmes "esclaves"
Clara Bünger a également rappelé les nouvelles lois adoptées par les talibans inspirées d’une interprétation rigoriste de la loi islamique.
Ce nouveau code pénal accorde notamment aux hommes un statut de "maître" face leurs femmes "esclaves". Les hommes sont ainsi autorisés à infliger des châtiments corporels et sexuels à leurs épouses, légalisant de fait les violences conjugales qualifiés des "légères". Ensuite, ce code pénal ne donne quasiment aucune possibilité de recours juridique pour les femmes battues.
Une police des mœurs et des forces spéciales font appliquer ces règles dans un système qui s’apparente à de l’esclavage moderne. Comme le souligne Amnesty International, "sous le régime des autorités talibanes de facto, les violations des droits humains à l’encontre de la population afghane ont augmenté."
"Je ne peux pas croire que le gouvernement veuille livrer ces personnes, qu’on avait clairement promis d’accueillir, en pâture aux talibans. C’est irresponsable", avertit Clara Bünger, qui dénonce les graves menaces qui pèsent sur les opposants politiques.