Le centre culturel libertaire (CCL) a été la cible d’une attaque menée par un groupuscule d’extrême droite peu avant le début d’un concert. En quelques minutes, huit individus ont frappé plusieurs personnes, brisé tout sur leur passage et filmé leur méfait. Nous publions en soutien le texte signé par plusieurs soutiens du lieu.
(...) Ça s’est passé vite. La moitié de ce groupe entre dans le CCL, l’un d’eux adopte une attitude provocante et s’accoude sur le comptoir à l’accueil. Une remarque lui est faite, le coup part.
L’autre partie du groupe, masquée et restée dehors, contrôle l’accès à la porte tout en filmant la scène avec des téléphones portables (nous attendons leur reportage !).
Même s’ils ne mouftent pas beaucoup faute d’idées valables à faire valoir, l’un d’eux arbore sur sa main une croix celtique, et, par leur attitude et leurs méthodes, nous avons peu de doutes sur leurs appartenances.
Cette intrusion n’aura duré que quelques minutes. Les concerts prévus pour la soirée ont eu lieu malgré cela.
Le mot a rapidement circulé sur les réseaux, bravo et merci aux personnes qui étaient dans les parages et sont venues soutenir les personnes présentes le soir-même.
Un rendez-vous est posé pour le lendemain à midi, créneau où le CCL est hebdomadairement ouvert pour la cantine végane. Environ 150 personnes viennent alors témoigner de leur soutien, s’informer de ce qui s’est passé, avec l’envie de réagir. Ces événements interpellent, y compris en dehors des milieux libertaires (...)
Le contexte social et politique invite à de tels actes. Le fascisme se diffuse jusqu’à l’absurde dans les médias, et les gouvernements ne semblent avoir comme méthode et horizon que l’autorité et l’austérité, que cela soit au niveau économique (pression sur les travailleur·euses et les précaires, expulsions locatives alors que les loyers montent en flèche, casse du secteur associatif et social…), législatif (hausse de la surveillance, harcèlement des musulman·es par des directives prétendument laïques…). Tout cela nous divisant, et ayant des effets bien concrets sur nos vies et nos interactions sociales. Cerise sur ce gâteau pas très végane, la police est applaudie par nos ministres pour les meurtres qu’elle commet. Le 1er décembre, Mohamadou Oury Sow, jeune guinéen de 29 ans est mort chez lui et en présence de ses parents à Lille-Sud pendant une intervention policière. Les officiers attendent leur médaille.
Les flics et les fascistes sont des formations violentes, l’une légalisée, l’autre proto-milicienne, entretenant souvent de cordiales relations entre elles et toutes deux au service de l’idéologie des dominants. (...)