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France24/AFP
Les partis de Nouvelle-Calédonie signent un "accord Élysée-Oudinot" pour compléter Bougival
#FLNKS #NouvelleCaledonie #Kanaky
Article mis en ligne le 20 janvier 2026

Les partis de Nouvelle-Calédonie ont signé lundi un accord baptisé "Élysée-Oudinot" qui vise à compléter celui signé le 12 juillet 2025 à Bougival qui avait été rejeté par les indépendantistes du FLNKS. Il reste pourtant de nombreux obstacles, en premier lieu au Parlement.

Au terme de quatre jours de négociations à Paris, les partis de Nouvelle-Calédonie ont signé lundi 19 janvier à l’Élysée un accord à la fois institutionnel et économique censé débloquer le processus politique sur l’archipel, enlisé depuis le rejet de l’accord de Bougival par les indépendantistes du FLNKS.

Baptisé "accord Élysée-Oudinot", ce texte complète celui signé le 12 juillet 2025 à Bougival mais rejeté par le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), principal mouvement indépendantiste, qui a boycotté les discussions de ce week-end. (...)

Premier sujet : la reconnaissance de l’identité kanak, réaffirmée dans le texte. En parallèle, les signataires estiment important "d’ouvrir une nouvelle étape dans l’édification de l’identité calédonienne" esquissée depuis les accords de Nouméa en 1998. Celui-ci "s’exprimera par la possibilité pérenne de transférer les compétences encore détenues par l’État dans un cadre organisé avec lui", dit le texte.

Les délégations ont également signé au ministère des Outre-mer, rue Oudinot à Paris, un volet du texte consacré à la "refondation du pacte économique et social" de la Nouvelle-Calédonie, s’entendant sur le soutien financier que l’État apportera à l’archipel. (...)

Le député calédonien loyaliste Nicolas Metzdorf (Renaissance) s’est déclaré auprès de l’AFP "très satisfait" du texte. (...)

Les signataires tablent sur une adoption du projet de loi constitutionnelle au Sénat dès février, puis à l’Assemblée nationale en mars-avril, avant la réunion à Versailles du Congrès, qui réunit députés et sénateurs.

Or les sénateurs socialistes ont annoncé s’opposer au texte constitutionnel sur Bougival - qui sera amendé pour y ajouter les termes de l’accord Élysée-Oudinot -, le Rassemblement national fait bande à part, et l’exécutif ne dispose pas de la majorité des trois cinquièmes nécessaire au Congrès.
Élections provinciales "avant le 31 décembre 2026"

Après cette étape constitutionnelle, l’accord politique serait soumis aux Calédoniens en juin-juillet, puis une loi organique doit être adoptée entre septembre et novembre. Les élections provinciales, cruciales sur l’archipel et déjà reportées quatre fois - elles devaient avoir lieu avant le 28 juin 2026 -, se tiendraient "avant le 31 décembre 2026", précise le texte paraphé lundi.

Le projet de loi constitutionnelle inscrit dans la Constitution un "État de la Nouvelle-Calédonie" doté d’une nationalité propre, tout en restant dans la République. Il organise aussi le dégel progressif du corps électoral aux élections provinciales.

Instauré en 1998, ce gel limite le droit de vote aux scrutins provinciaux aux personnes installées avant cette date et à leurs descendants. Sa réforme, réclamée par les non-indépendantistes mais redoutée par les indépendantistes qui y voient une dilution du vote kanak, avait été au cœur des tensions ayant déclenché les émeutes meurtrières de mai 2024. Ces violences, les plus graves depuis les années 1980, ont fait 14 morts et causé plus de deux milliards d’euros de dégâts, plongeant le territoire dans une grave crise économique et sociale.