La transition tunisienne vers la démocratie engagée depuis la chute de Ben Ali a connu ces derniers jours des ratés préoccupants : la Haute commission chargée de préparer les élections cruciales de juillet a tourné à la foire d’empoigne.
Composée de représentants de partis politiques, de la société civile, d’experts en droit constitutionnel, la Haute commission est censée produire un nouveau code électoral et un brouillon de Constitution qui sera présentée à l’assemblée constituante sortie des urnes en juillet prochain. Son rôle est donc pivot.
"Le problème c’est qu’aujourd’hui personne ne peut se prévaloir d’une quelconque légitimité, y compris le gouvernement transitoire. L’équipe actuelle de Béji Caïd Essebsi a fait la même erreur que celle de son prédécesseur Mohammed Ghannouchi en n’intégrant pas des forces qui ont compté pendant la révolution", dit à l’AFP l’analyste politique Larbi Chouikha.(...)
Ce qui peut ne sembler qu’une querelle d’experts cache en fait un risque beaucoup plus grand pour la démocratie naissante, sous pression permanente de ceux qui, dans la rue et les campagnes, ont fait tomber la dictature.(...)
La querelle se porte sur le choix du mode de scrutin pour le rendez-vous électoral de juillet : uninominal à deux tours ou de listes à un tour et à la proportionnelle. (...)