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Le Monde
Six constructeurs automobiles touchés par le scandale Kobe Steel
Article mis en ligne le 11 octobre 2017

Les entreprises japonaises ont été livrées en produits dont les caractéristiques techniques avaient été falsifiées par le sidérurgiste nippon Kobe Steel.

Six constructeurs d’automobiles japonais ont été destinataires de produits en aluminium ou cuivre dont le sidérurgiste nippon Kobe Steel a reconnu avoir falsifié les caractéristiques techniques, a affirmé mercredi 11 octobre le quotidien japonais Nikkei.

Pour le deuxième jour de suite, l’action a plongé de 17 % mercredi matin à la Bourse de Tokyo, après une chute de 22 % la veille.

Outre le numéro un nippon du secteur, Toyota, qui a déjà annoncé avoir utilisé de l’aluminium de Kobe Steel dans des véhicules produits dans l’une de ses usines japonaises, seraient concernés Nissan, Honda, Mitsubishi Motors, Subaru et Mazda. (...)

Dix ans de fraude

Lors d’une conférence de presse ce week-end, un vice-président de Kobe Steel, Naoto Umehara, a avoué que des données relatives à des produits en aluminium et cuivre avaient été falsifiées de façon « systématique » pour améliorer les caractéristiques de certains produits ; une pratique qui pourrait remonter à une dizaine d’années et n’a pu se faire, a-t-il dit, sans que des directeurs aient été au courant.

L’enquête menée par Kobe Steel révèle qu’à l’heure actuelle les spécifications techniques ont été maquillées pour environ 19 300 tonnes de produits en aluminium, 2 200 tonnes de produits en cuivre et 19 400 unités en aluminium moulé et forgé qui ont été expédiées aux clients entre septembre 2016 et août 2017.

Les marchandises dont les caractéristiques ont été trafiquées ont été livrées à quelque 200 entreprises. En plus des constructeurs automobiles, de très nombreux industriels et produits sont concernés.

Avions, fusées, transport ferroviaire (...)

Cette affaire est la énième d’une série qui touche les entreprises nippones ces derniers temps : les plus retentissantes concernent Olympus, puis Toshiba (falsifications de comptes sur plusieurs années), Takata (camouflage de défauts d’airbags ayant entraîné la faillite de l’entreprise), ou encore Nissan, qui a récemment été forcé d’annoncer le rappel de 1,2 million de véhicules au Japon parce que les contrôles finaux avaient été effectués par des personnes non habilitées.