
Ces temps derniers, les autorités chargées de dire ce qu’est la science, ce qui est démontré, ce qui est admissible et digne d’intérêt, ont frappé un grand coup, et cela dans plusieurs domaines.
Dans celui de la biologie, à peine le biologiste Gilles-Éric Séralini avait-il publié dans la revue Food and Cheminal Toxicology son étude sur la toxicité du maïs génétiquement modifié NK603 et de l’herbicide Roundup que toutes les sommités académiques lui sont tombées dessus : pas moins de six académies scientifiques aux voix desquelles se sont ajoutées celles du Haut Conseil des biotechnologies et de l’Agence de sécurité sanitaire française. Sans compter les jugements également négatifs des autorités européennes, allemande, néerlandaise et danoise. Presque au même moment, le jury de la Banque de Suède décerne un faux prix Nobel de fausse économie, tandis que la compétitivité est devenue le nouveau concept fétiche. (...)
On lira la réaction salutaire de Christian Vélot : « OGM : Il a montré leur toxicité, il doit être exécuté »[1] qui décortique les attendus de ces jugements. Les rats, pas bons pour prouver la nocivité des OGM ? Mais bons pour prouver leur innocuité dans les études menées par les industriels et agréées par les autorités ! 200 rats testés répartis par lots de 10, ce n’est pas suffisant ? Mais par lots de 5 ou 6, oui ! Deux ans d’étude, pas convaincants ? Mais trois mois le sont ! Et trois jours pour que les autorités étudient tout le dossier, encore mieux ! Publication dans une revue à comité de lecture scientifique, pas fiable ? Mais les études de Monsanto aux données confidentielles conduisant à la mise sur le marché, crédibles ! Messieurs les « autoritaires », on a envie de vous crier : « Vendus ! » Mais à qui ? (...)
quand on lit l’appel des grands patrons dans Le Journal du dimanche du 28 octobre 2012, on se dit que tant d’arrogance n’est que le masque d’une science sans conscience. Rabelais doit se retourner dans sa tombe.