Ixtepec. Cette petite ville du sud du Mexique sert de point de passage obligé pour les migrants centraméricains en route vers les États-Unis. Ils y arrivent juchés sur le toit d’un train de marchandises qu’ils ont surnommé la Bestia, la Bête.
...La traversée du Mexique est « un des voyages les plus dangereux du monde », révèle le rapport d’Amnesty International d’avril 2010. Les migrants l’appellent simplement « l’enfer ». En 2009, la Commission nationale des droits de l’homme du Mexique a recensé 9 758 enlèvements de migrants en six mois, soit 1 600 par mois. Un chiffre par définition non exhaustif....
...Amnesty International les a baptisés les « victimes invisibles ». Cette « invisibilité » permet à ce qui est devenu une « entreprise généralisée », selon la Commission des droits de l’homme, de se développer dans la plus totale impunité, voire avec la « collusion des autorités »....
...En dépit des dangers et des chiffres - seul un migrant sur dix atteint les États-Unis -, les migrants continuent d’affluer, d’essayer. Certains en sont à leur cinquième tentative. L’impossibilité de vivre dans leur pays d’origine les accroche à un rêve qu’ils ne peuvent concevoir impossible....