C’est un tout petit village, une rue qui plonge dans les bois, et une surprise bien spéciale. Grégory est bruxellois : un peu avant Noël, il fête l’anniversaire d’un de ses amis, dans un gîte situé dans l’Ardenne belge. À 18 heures, ils reçoivent une visite surprise : deux policières veulent perquisitionner la maison. Plusieurs camionnettes débarquent.
On n’avait rien fait de mal et on ne comprenait pas, tout à coup, quelle était la volonté de la police.
La nuit tombe, et le chalet est désormais cerné par quatre, puis six camionnettes. Le stress et le doute montent alors que des policiers sont en faction sur la terrasse. Les enfants paniquent.
C’est hallucinant, on a l’impression qu’on est des terroristes.
Grégory et ses amis sont épouvantés : l’affaire est réelle, une douzaine de policiers campe devant le gîte et attire des voisins curieux. Une impression de prise d’assaut se dégage, avant que les policiers se retirent.
Quand ils sont partis, j’ai quand même voulu prendre une photo de la situation : et là, une policière m’a hurlé dessus, en me disant de ranger tout de suite mon appareil et que je n’avais pas le droit de prendre d’images. Je n’ai pas insisté, mais j’avais tout à fait le droit, en fait. […] On a vraiment vécu ça comme un siège : ils étaient prêts à intervenir.
L’anniversaire surprise, totalement légal, a donné lieu à trois appels dénonciateurs. Grégory en est encore estomaqué :
Ça rappelle des heures sombres de l’Histoire […]. Il y a quelques mois, à vingt heures, tout le monde allait à sa fenêtre pour applaudir les soignants. Maintenant, on a l’impression qu’à vingt heures, tout le monde y va, mais pour observer ce que leur voisins font, et vérifier s’ils font la bamboche.
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