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Le Monde
Le Liberia prêt à concéder 10 % de sa superficie à une entreprise des Emirats arabes unis pour produire des crédits-carbone
#urgenceclimatique #CO2 #liberia
Article mis en ligne le 5 août 2023
dernière modification le 4 août 2023

Les « droits à polluer » issus de la conservation ou de la reforestation de près de 1 million d’hectares de forêt permettraient au pays de tenir ses engagements, comme le prévoit l’accord de Paris sur le climat.

Le Liberia s’apprête à accorder des droits exclusifs sur 1 million d’hectares de forêts, soit environ 10 % de la superficie du pays, à une société privée émiratie qui devra commercialiser les crédits-carbone obtenus à partir de projets de conservation ou de reforestation. Un protocole d’accord entre le ministère des finances libérien et la société Blue Carbon LLC a été conclu en mars et le contrat définitif, portant sur une durée de trente ans, serait en passe d’être signé. (...)

Selon une version confidentielle et encore provisoire du contrat que Le Monde a pu consulter, les parties envisagent de rendre public, à l’occasion de ce rendez-vous planétaire, un accord entre le gouvernement du Liberia et celui des EAU portant sur le transfert de « droits à polluer », comme le prévoit l’accord de Paris sur le climat, pour permettre aux Etats de tenir les objectifs qu’ils se sont engagés à atteindre afin de contenir la hausse moyenne des températures mondiales au-dessous de 2 °C, voire 1,5 °C.

De profondes inquiétudes

Une annonce certainement destinée à convaincre de la volonté des EAU de s’investir davantage dans la transition énergétique, alors que les engagements pris jusqu’à présent sont jugés largement insuffisants, voire « irréalisables », compte tenu des projets d’accroissement de la production d’énergies fossiles, selon une étude publiée le 20 juillet par Climate Action Tracker. (...)

Au Liberia, ce contrat négocié dans le plus grand secret soulève cependant de profondes inquiétudes. Plusieurs organisations de la société civile se sont ainsi alarmées de la possible violation des droits des populations qui vivent dans les neuf territoires ciblés par le projet. (...)

« S’arroger des droits sur du carbone pour le commercialiser aurait des conséquences directes pour les populations en les privant de décider de l’utilisation de leurs terres. Le gouvernement doit avoir conscience qu’il se mettrait en infraction des lois sur les droits fonciers s’il considérait qu’il peut vendre le carbone de forêts qui ne lui appartiennent pas », prévient, dans un communiqué, la Coordination indépendante de la surveillance des forêts.