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Marie-Claude Saliceti
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France Bleu
L’auteur du tir qui a éborgné Manu Coisne identifié par le Monde, une première victoire pour le gilet jaune
Article mis en ligne le 13 décembre 2019

Un journaliste du Monde a identifié le CRS qui aurait tiré sur l’intérimaire qui a perdu son œil le 16 novembre dernier à Paris, un tir qui n’était pas réglementaire selon son enquête vidéo qui recoupe de nombreuses vidéos d’amateurs et de journalistes.

Dans une enquête vidéo de 11 minutes, on découvre le CRS qui aurait tiré de façon non réglementaire une grenade lacrymogène, une grenade tirée avec un angle de 15° alors qu’elles doivent être tirées en cloche, c’est à dire avec un angle à 45°. Un projectile équipé d’un dispositif à propulsion à retard qui s’ouvre à 100 mètres alors que le manifestant était à 55 mètres. (...)

Si une information judiciaire a été ouverte pour "violences volontaires avec arme par personne dépositaire de l’autorité publique, en réunion, ayant entraîné une infirmité permanente" et qu’une enquête de l’IGPN, la police des polices est aussi en cours, cette enquête journalistique est déjà une première victoire pour Manu

C’est déjà une bonne petite réussite pour nous, d’identifier le tireur, si on était passé par l’IGPN on aurait attendu au moins un an pour savoir qui, parce que l’IGPN n’est pas impartiale
(...)

D’ailleurs Manu refuse depuis le début d’être auditionné par l’IGPN.

Pour lui cette vidéo est une preuve flagrante des violences policières, de quoi raviver "la rage" du militant. Pour Sévérine, sa compagne, l’enquête montre bien que ce sont des violences gratuites

Les CRS avaient effectivement reçu des pavés, mais qui venaient complètement de l’autre côté, dans ce cas là pourquoi tirer sur les gens qui sont tranquilles et pas du côté où ça chahute et où c’est le chaos
(...)

Me Arié Alimi qui défend le gilet jaune réclame le départ du préfet de police de Paris mais aussi des excuses des différentes autorités (...)

En attendant, l’intérimaire qui a perdu l’usage de son œil ne peut plus travailler, il souffre de migraines et de vertiges, avec l’impression que "sa vie est au point mort". Une situation difficile pour le militant mais qui n’entame pas ses convictions, ce matin encore il était à la manifestation contre la réforme des retraites à Valenciennes avec sa compagne.