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le Monde Diplomatique
L’anorexie, une maladie sociale
Une pathologie grave qui frappe davantage les jeunes femmes des milieux aisés
Article mis en ligne le 1er septembre 2020
dernière modification le 31 août 2020

Les inégalités sociales face à la santé pénalisent le plus souvent les hommes des classes populaires. L’anorexie mentale constitue une des exceptions à cette règle : ce trouble grave du comportement alimentaire, pouvant mener à la mort, menace particulièrement les jeunes filles des milieux aisés, exposées à des normes de minceur plus strictes et plus enclines à penser pouvoir maîtriser leur destin social.

Présentée en 2010 par la Haute autorité de santé comme « un enjeu de santé publique important, insuffisamment pris en compte dans notre pays » — faute de moyens consacrés à sa prévention —, l’anorexie mentale a fait l’objet d’une loi, entrée en vigueur en 2017, qui a cherché à s’attaquer aux causes sociales de ce fléau. Selon la dernière étude disponible, publiée en 2008, celui-ci avait concerné près de 5 % des jeunes Françaises de 17 ans (lire « Près de cinq pour cent des adolescentes »). Cette loi cible notamment la mode et la publicité, et vise, entre autres, à protéger la santé des mannequins. Mais s’en prendre aux secteurs qui propagent des représentations du corps féminin pathogènes fera-t-il reculer l’anorexie ? Sans doute pas autant qu’espéré. Les causes sociales de cette maladie se nichent en deçà de la surface du papier glacé (...)