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L’Amazonie brûle toujours… mais nous regardons ailleurs
Article mis en ligne le 22 août 2020
dernière modification le 21 août 2020

Les incendies continuent de ravager l’Amazonie. Cette année, on en compte 17 % de plus qu’en 2019 mais contrairement à l’an dernier où politiques et dirigeants économiques s’étaient mobilisés, mettant le sujet à la Une des médias, la déforestation reste cette année dans l’ombre, même si le monde de la finance verte a mis la pression. (..)

L’Amazonie brésilienne part littéralement en fumée. Celle-ci a subi une déforestation record au premier semestre, 25 % supérieure à celle des six premiers mois de 2019, selon l’institut en charge de la recherche spatiale au Brésil (INPE). Et le deuxième semestre s’annonce mal (..)

Pourtant, contrairement à l’an dernier où ces feux, pour la plupart intentionnels, avaient suscité un émoi mondial, la forêt s’évapore cette année sans faire de vagues ou presque. La pandémie mondiale de Covid-19, qui touche très durement le pays avec plus de 100 000 morts, a détourné les projecteurs médiatiques vers la crise sanitaire et économique. Une cynique "aubaine" pour la stratégie environnementale du gouvernement brésilien, estiment les ONG.
L’instrumentalisation du Covid
(..)

L’objectif du gouvernement serait de favoriser le secteur agroalimentaire, l’un des piliers de l’économie brésilienne, qui bénéficie des terrains agricoles ainsi défrichés. Cela permet de fournir notamment les consommateurs européens, comme le rappelle Greenpeace qui presse la France de réagir face à la déforestation importée de notre alimentation.

Mauvais calcul

Mais en 2020, la stratégie de fuite en avant du gouvernement brésilien devient un mauvais calcul. Les fonds d’investissement, de plus en plus soucieux des risques ESG - environnementaux, sociaux et de gouvernance - ont inscrit le risque déforestation dans leur radar.

En juin, des fonds d’investissement internationaux pesant plus de 4 000 milliards de dollars ont menacé de retirer leurs billes dans les entreprises brésiliennes si le pays ne parvenait pas à réduire la déforestation. Puis c’est le fonds d’investissement Nordea Asset Management qui a annoncé avoir désinvesti JBS, le numéro 1 mondial de la viande en raison – notamment- de son impact sur la déforestation en Amazonie.

Cette pression a fait effet. Le 15 juillet, le gouvernement Bolsonaro a publié un décret interdisant l’utilisation de la technique de brûlage dans l’Amazonie et le Pantanal pendant 120 jours. Mais cette position n’a pas duré. Le Président brésilien a ainsi déclaré le 11 août dernier que "Cette histoire, selon laquelle l’Amazonie est en train de brûler, est un mensonge".