Viome20160704-1Les travailleurs de l’usine occupée et autogérée VioMe de Thessalonique et de Roben à Veria, avec des sympathisants venant de toute la Grèce, ont commencé leur « caravane de lutte et de solidarité » vers Athènes le mardi 31 juin dans l’après-midi, pour protester contre l’inaction du gouvernement et sa mauvaise volonté de légaliser le fonctionnement les deux entreprises récupérées.
Cette mobilisation coïncide avec la fin d’un moratoire de six mois du processus de mise aux enchères des locaux de VioMe, un moratoire qui avait été obtenu après une action déterminée des travailleurs qui ont physiquement bloqué en décembre dernier la mise aux enchères.
Viome20160704-2En dépit des promesses, le gouvernement, dirigé par le soit-disant parti de gauche Syriza qui s’était déclaré soutien de la lutte des VioMe lorsqu’il était dans l’opposition, pratique non seulement la politique de l’autruche à l’égard des demandes des travailleurs mais s’en prend à eux sans raison alors qu’ils installaient des tentes face au ministère du travail pour exiger que leurs demandes soient satisfaites.
Un comité formé de délégués des deux usines et de leurs sympathisants provenant des mouvements sociaux a rencontré le vice-ministre du travail à 13h30 le vendredi 1er juillet et a réaffirmé ses demandes d’annulation immédiate et définitive du processus de liquidation de VioMe, la garantie d’une fourniture en eau et électricité des usines et la légalisation de leur fonctionnement sous le contrôle des travailleurs. Le vice-ministre s’est une fois de plus vaguement déclaré solidaire de la lutte tout en confirmant que le processus de liquidation pourrait reprendre immédiatement. En retour, les travailleurs ont fait connaître leur intention de camper à l’extérieur du ministère jusqu’à ce qu’ils aient une réponse définitive de sa part.
Viome20160704-3Moins de dix minutes avant la fin de la réunion, alors que les travailleurs et sympathisants déballaient leurs tentes, trois sections anti-émeute de la police les ont attaqués sans sommation, frappant les manifestants et utilisant contre eux des gaz lacrymogènes. Deux manifestants ont été arrêtés dont un journaliste indépendant qui couvrait la manifestation avec sa caméra, en dépit de la mention claire qu’il faisait de son statut professionnel. Plusieurs manifestants ont reçu des coups et souffrent de coupures. Certains d’entre eux ont dû être amenés à l’hôpital pour recevoir des soins, notamment des points de suture. (...)