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France24
En Europe, un mouvement anti-masque alimenté par un "imaginaire anti-système"
Article mis en ligne le 22 août 2020

Alors que l’épidémie de Covid-19 connaît un rebond en Europe en pleine période estivale, des manifestants se réunissent depuis quelques semaines à travers le continent pour protester contre le port du masque obligatoire. Selon des spécialistes, ce mouvement anti-masque illustre un sentiment de défiance envers l’État.

Suivant leurs homologues américains et québécois, les anti-masques européens se sont d’abord réunis sur les réseaux sociaux, notamment via des groupes Facebook comme "Accrochez-vous ça bouge", en Belgique ou encore "Anti-masque obligatoire" en France.

Le 20 août, le premier possédait près de 8 200 membres et le second plus de 6 700. Dans ces groupes se trouvent par exemple des publications relayant les propos du docteur Didier Raoult, d’autres prenant la défense des YouTubers controversés Thierry Casasnovas et Silvano Trotta ou encore des mèmes se moquant de l’utilité du port du masque. (...)

Si, à l’origine, les échanges étaient seulement virtuels, ces internautes se donnent désormais rendez-vous sur les réseaux sociaux avant de descendre dans les rues.

Des centaines d’entre eux, criant le mot "Liberté", se sont réunis dimanche 16 août à Madrid, sur la place Colon, dans le centre de la capitale espagnole. Sur leurs pancartes, on pouvait notamment lire : "Le virus n’existe pas", "le masque tue" ou encore "nous n’avons pas peur".

Le même jour, à Bruxelles, plusieurs centaines de manifestants s’étaient rassemblés. Estimant que le port du masque restreint leurs libertés individuelles, certains protestataires brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : "Corona circus" ou encore "c’est mon corps, c’est mon choix".

Ces rassemblements ont eu lieu quelques jours après le durcissement des mesures sanitaires dans plusieurs pays européens. (...)

Si, à l’origine, les échanges étaient seulement virtuels, ces internautes se donnent désormais rendez-vous sur les réseaux sociaux avant de descendre dans les rues.

Des centaines d’entre eux, criant le mot "Liberté", se sont réunis dimanche 16 août à Madrid, sur la place Colon, dans le centre de la capitale espagnole. Sur leurs pancartes, on pouvait notamment lire : "Le virus n’existe pas", "le masque tue" ou encore "nous n’avons pas peur".

Le même jour, à Bruxelles, plusieurs centaines de manifestants s’étaient rassemblés. Estimant que le port du masque restreint leurs libertés individuelles, certains protestataires brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : "Corona circus" ou encore "c’est mon corps, c’est mon choix".

Ces rassemblements ont eu lieu quelques jours après le durcissement des mesures sanitaires dans plusieurs pays européens. (...)

actée par France 24, Marie Peltier, spécialiste du complotisme et autrice d’"Obsessions : dans les coulisses du récit complotiste" (Inculte, 2018), explique que ce mouvement est animé par un "imaginaire anti-système" qui dépasse les frontières intra-européennes.

"Le masque est présenté par ces groupes comme un élément imposé par le système politique et médiatique. Ne pas porter le masque est donc, pour eux, un acte de résistance", explique la chercheuse belge.

Une "logique conspirationniste"

Marie Peltier explique que ces mouvements sont politiques, "fortement structurés par les réseaux d’extrême droite et venant par ailleurs brasser certains mouvements de gauche radicale". S’ajoutent des personnes moins politisées. "Certains se retrouvent dans ce groupe parce qu’ils se sont tout simplement laissés entraîner par ce type de discours", dit-elle. (...)

S’il possède en apparence une certaine homogénéité, ce mouvement recouvre également des réalités différentes. Certains sont par exemple seulement opposés à l’obligation du port du masque, quand d’autres rejettent l’idée même de l’existence du coronavirus. (...)

Si à l’image du mouvement conspirationniste, le mouvement anti-masque gagne de l’ampleur en Europe, la spécialiste souligne que ce dernier reste toutefois "marginal". "L’immense majorité des gens portent le masque et n’en débattent pas. À cause de la peur du virus, ils restent globalement raisonnables et respectent les consignes sanitaires". D’après un sondage YouGov pour le Huffington Post, 84 % des Français interrogés se disent prêts à porter un masque en extérieur.