Le Premier ministre, Jean Castex, a suggéré ce mardi que les enfants n’aillent pas à l’école jeudi et vendredi, comme conseillé par le Conseil scientifique, pour limiter les risques de contamination à Noël. Une recommandation de dernière minute qui passe mal du côté des enseignants
(...) C’est ce que préconisait la veille le Conseil scientifique pour limiter les contaminations une semaine avant Noël. (...)
Justine (1), principale dans un collège de l’académie de Versailles, est « remontée comme un coucou ». C’est d’ailleurs pour cela qu’elle accepte de parler, ce qui arrive rarement chez les chefs d’établissement. Sa messagerie professionnelle est déjà inondée de messages de parents paumés, cherchant à savoir si c’est grave, ou non, de faire louper deux jours d’école à leur enfant. Elle le sait, le nombre d’élèves présents en fin de semaine dépendra de sa réponse : « On peut passer du simple au double en fonction de la façon dont on communique. Si je leur envoie la note du conseil scientifique et que je leur explique qu’il vaut mieux rester chez soi, la plupart vont s’organiser. Mais si j’explique que c’est super important pour les élèves d’être présents alors ils seront beaucoup plus nombreux à venir », explique-t-elle.
Elle a échangé à ce sujet avec d’autres chefs d’établissement dans la matinée pour savoir s’il fallait faire reposer toute la responsabilité sur les parents ou s’il valait mieux « leur enlever ce poids » en les aiguillant. De son côté, elle ne s’est pas encore décidée mais il faut aller vite, d’autant plus que le repas de Noël de ses 800 élèves doit être préparé ce mercredi. Il faut donc sortir la bonne quantité du congélo selon le nombre de collégiens prévus. Justine trouve en tout cas « rageant » de ne pas avoir décidé de confiner tout le monde jeudi et vendredi : « Cela aurait été bien plus simple, d’autant plus qu’on est préparés à faire du distanciel comme nous l’a demandé l’académie. »
« Rupture d’égalité entre les familles »
Ghislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU, voit dans cette recommandation une « rupture d’égalité entre les familles », puisque certaines vont pouvoir se permettre de garder les enfants à la maison alors que d’autres non. (...)
« Rupture d’égalité entre les familles »
Ghislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU, voit dans cette recommandation une « rupture d’égalité entre les familles », puisque certaines vont pouvoir se permettre de garder les enfants à la maison alors que d’autres non. Surtout, « cela acte le fait que le virus circule bien dans les écoles » remarque Ghislaine David, alors que le ministre de l’Education nationale ne cesse de répéter le contraire, assurant que l’école n’est pas un « nid à virus ». En mai, Jean-Michel Blanquer disait même qu’il n’y avait « pas plus de risque à rester chez soi que d’aller à l’école ». Rue de Grenelle, on confirme encore aujourd’hui « qu’il n’y a pas de circulation active du virus comme le montrent les chiffres transmis chaque semaine par les académies ». Problème, ces chiffres sont très différents des données observées sur le portail de Santé publique France, comme l’expliquait CheckNews en novembre, montrant que le ministère minorait le nombre d’élèves réellement testés positifs. (...)