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Notre-Dame-des-Landes : pique-nique et semailles pour rebondir
Article mis en ligne le 21 mai 2018

Deux jours après la deuxième vague d’expulsions sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes, les militants se sont réunis pour reconstruire, mais aussi travailler aux champs. Une journée qui a peu mobilisé. Fatigue, fortes tensions internes et un certain abattement. Mais la volonté de rester est bien enracinée.

Comme souvent, la Zad de Notre-Dame-des-Landes est ambivalente. Oscillant entre l’optimisme, le désir de construire un autre monde et l’abattement des expulsions de la semaine dernière, et celles de la mi-avril. La Zad encaisse la fatigue, un premier sentiment d’abattement et le besoin de dépasser les divisions internes. (...)

Un peu avant midi, l’hélicoptère de la gendarmerie a repris son survol de la zone. Du haut du ciel, la caméra de l’hélico a pu scruter un curieux convoi portant une boule de traverses de bois, des pique-niqueurs dégustant le soleil, des gens reconstruisant des barricades, des épouvantails de paille et de chiffon, une batucada, un triton géant en toile peinte, des tracteurs, une manif en plein bocage, un apéro dans un bar sans licence…

Les objectifs de la journée : planter, reconstruire. Conjurer par des gestes communs l’amertume des destructions et de l’impuissance de ces derniers jours. Les chantiers collectifs donnent toujours du cœur à l’ouvrage et un plaisir de travailler ensemble.

La Zad, un symbole « d’une autre manière de vivre »
Malgré des contrôles matinaux des automobiles aux abords, les gendarmes n’ont pas montré leurs casques au sein du périmètre de la Zad. Ce dimanche, le pique-nique à Bellevue a rempli les alentours du hangar de l’Avenir de casse-croûtes, de thermos de café, de cakes aux olives, de bouteilles de rouge, de canettes de bière. Entre deux coups de fourchette à sa salade, Emma se dit « très triste » de la faible mobilisation en ce jour de rassemblement, mais sa voisine comprend l’usure provoquée par « cette stratégie guerrière de harcèlement ». (...)

En attendant, le soleil radieux met du sourire à ce que certains tentent de ne pas appeler des lendemains de défaite. « Finalement, qu’il n’y ait quasiment pas eu d’affrontement jeudi et vendredi, c’est peut-être pas si mal, dit un paysan. Ça rend absurde la démesure des moyens militaires mis en œuvre. C’est le coup du marteau pilon requis pour écraser une mouche… » (...)

À nouveau, une installation se fait au Gourbi, maintes fois construite et maintes fois rebâtie. Voici la vidéo prise par des zadistes dimanche
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