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Des syndicalistes appellent à soutenir la Zad pour « donner corps à la convergence des luttes »
Article mis en ligne le 14 mai 2018

Le comité de pilotage sur la gestion foncière de la Zad de Notre-dame-des-Landes se réunit ce 14 mai à la Préfecture de Nantes. Il est peu probable que la totalité des projets déposés le 23 avril dernier soient retenus, y compris parmi les projets estampillés « agricoles ». Face au risque de reprise des expulsions, des syndicalistes appellent à soutenir les habitants de la Zad, pour « donner corps à la convergence des luttes ». Ces syndicalistes, qui parlent en leur nom, estiment que la vigueur des luttes sociales à Nantes doit beaucoup à la Zad. Par la mise en place de réseaux de solidarités, et par l’exemple qu’elle donne d’une alternative possible au monde marchand. Nous relayons ici leur analyse.

(...) Soutien de la Zad aux luttes sociales

L’existence de la Zad est sans doute une des raisons déterminantes de cette nouvelle vigueur de la lutte à Nantes et alentour. Une partie des habitant·e·s mettent leur temps, leur énergie et leurs moyens au service des luttes. Parce qu’ils sont organisé·e·s en communauté, ils dégagent de l’énergie en réduisant le temps lié aux tâches courantes et à la production ! Toutes les composantes de la Zad ne sont pas engagées dans ce travail de composition, mais cette volonté de convergence est portée par suffisamment d’habitant·e·s pour permettre un soutien significatif aux luttes en cours. Cette convergence s’élargirait si le monde syndical manifestait davantage de soutien face aux opérations d’expulsion.

La cause de cet effet revigorant sur les luttes est à chercher dans les moyens nouveaux que confère l’appropriation collective d’un territoire par le mouvement social. Et c’est sans doute à tort que nous, syndicalistes, pensons souvent seulement en termes de mots d’ordre et d’activisme. (...)

Dynamiser la vie syndicale

Cet ensemble de moyens humains, matériels et agricoles ouvre des perspectives pour les luttes syndicales dans la région. Nous pourrions systématiser et multiplier le ravitaillement des luttes, réaliser des structures en vue d’accueillir des salarié·e·s en difficulté, exposés à des licenciements ou encore à la répression antisyndicale, penser des lieux ou des organisations qui permettront de dynamiser la vie syndicale. Ces projets sont du domaine du possible.

Ces perspectives sont intimement liées à l’avenir de la Zad, à la possibilité que cette zone permette une organisation commune. C’est précisément cette gestion commune que souhaite anéantir la préfecture de Nantes. Les fiches de projet agricole individuel qu’elle réclame ne permettent que d’élaborer des « projets alternatifs individuels », et non un territoire géré en commun, avec la puissance qui en découle. Projets individuels qui se dirigeraient progressivement vers une production marchande, rentrant ainsi finalement dans le système…

Cet acharnement contre l’organisation collective d’un territoire rappelle celui que subissent les salarié·e·s de certains secteurs lorsqu’ils s’organisent collectivement. Il va aussi de pair avec celui du pouvoir quand il cherche à détruire tout ce qu’il reste de commun, de collectif : les services publics, l’éducation, la sécurité collective des statuts ou des contrats dans certaines entreprises, dont la SNCF. Les syndicalistes doivent faire le lien avec les attaques du pouvoir contre la Zad, qui, comme ailleurs, visent à fragmenter la société en une série d’individus isolés, égoïstes, bref, manipulables…

Une alternative au monde marchand (...)

L’aéroport n’est plus aujourd’hui la question, le projet est enterré. La question est l’avenir de ces terres. Retourneront-elles à de gros exploitants pesant de tout leur poids dans la chambre d’agriculture ? Parviendrons-nous à préserver ce territoire qui tente d’échapper aux logiques marchandes et qui nous aide à penser le monde de demain, débarrassé du salariat et de son corollaire : l’accumulation infinie du capital avec ses conséquences dramatiques pour les salarié·e·s et la biodiversité ? C’est à chaque syndicaliste de reconsidérer la question, quelle qu’ait été sa position concernant l’aéroport.