Bandeau
mcInform@ctions
Travail de fourmi, effet papillon...
Descriptif du site
Le Monde
Des étés de plus en plus chauds en Sibérie
Article mis en ligne le 25 août 2020

Intensification des feux de forêt et dégel du permafrost sont les principaux indicateurs du réchauffement climatique de cette zone de l’Arctique dont les ressources sont très convoitées.

Il y a quelque chose d’impalpable dans la menace que représente le réchauffement climatique pour les populations de la Sibérie et du Grand Nord russe. Comme si le mal était souterrain, invisible, au-delà du thermomètre qui atteint désormais, l’été, des niveaux presque aussi insensés que l’hiver…

Dans les villages plantés sur la toundra, chacun reconnaît que les choses ont changé : ici, des cratères sont apparus après l’effondrement des sols ; là, on se plaint que le bétail manque de nourriture, face à la sécheresse. Mais, à chaque fois, les interlocuteurs joints par téléphone l’assurent : « Chez nous ça va encore, les enfants sont heureux de se baigner dans les rivières. Mais chez le voisin, la situation est difficile… » (...)

Pourtant, les consciences ont évolué, en Russie, sur le réchauffement comme sur l’ensemble des problématiques liées à l’environnement. La hausse des températures constatée au niveau mondial est amplifiée dans les régions aux climats extrêmes. (...)

c’est la Sibérie arctique qui enregistre les chaleurs les plus exceptionnelles : la température moyenne y était supérieure de plus de 5 °C à la normale en juin, avec des endroits qui ont atteint jusqu’à + 10 °C. Une vague de chaleur qui s’est poursuivie en juillet.
Evénements climatiques extrêmes

Mais la question a longtemps été traitée uniquement par le prisme des bénéfices à tirer de ce nouvel état de fait : ouverture de la route maritime arctique pendant la majeure partie de l’année, possibilités nouvelles offertes à l’agriculture.

Le signe le plus visible du dérèglement est la répétition des événements climatiques extrêmes, inondations et feux de forêt en tête. (...)

Autre indicateur du réchauffement : le dégel du permafrost, cette couche de terre gelée qui peut atteindre près de 1 000 mètres de profondeur. Dans certaines villes, comme Iakoutsk, les maisons, bâties sur pilotis, vacillent, d’autres se sont déjà effondrées. C’est aussi un danger pour les infrastructures pétrolières et gazières, construites à 80 % sur des zones à permafrost, qui pousse les autorités à prendre en compte la menace, même si Vladimir Poutine estime que « personne ne sait à quoi est dû le changement climatique ».