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Défier l’Everest est devenu une attraction pour millionnaires
#Everest #tourisme
Article mis en ligne le 10 mars 2023
dernière modification le 9 mars 2023

Le youtubeur Inoxtag a annoncé vouloir se lancer dans l’ascension de l’Everest en 2024 sans avoir jamais fait d’alpinisme. Surfréquenté, le « toit du monde » est devenu un passe-temps pour touristes fortunés.

l’ascension du mont Everest en 2024, sans avoir la moindre expérience en alpinisme. Un symbole de ce qu’est devenu le plus haut sommet du monde, à la frontière entre le Népal et la Chine : une victime de plus du tourisme de masse. (...)

Entre 1953, année où l’être humain l’a vaincu pour la première fois, et 1993, seules 522 personnes, pour la plupart des montagnards chevronnés, ont réussi l’ascension du « toit du monde ». Aujourd’hui, ils sont 6 338. Avant même d’atteindre le sommet, 40 000 personnes se massent désormais chaque année au premier camp de base, à 5 300 mètres d’altitude. Le public a changé : les habitués de la montagne y côtoient des néo-aventuriers, venus s’offrir le frisson d’une vie. (...)

Entre 1953, année où l’être humain l’a vaincu pour la première fois, et 1993, seules 522 personnes, pour la plupart des montagnards chevronnés, ont réussi l’ascension du « toit du monde ». Aujourd’hui, ils sont 6 338. Avant même d’atteindre le sommet, 40 000 personnes se massent désormais chaque année au premier camp de base, à 5 300 mètres d’altitude. Le public a changé : les habitués de la montagne y côtoient des néo-aventuriers, venus s’offrir le frisson d’une vie. (...)
Un passe-temps pour millionnaires

Moins mortelle, l’ascension de l’Everest est aussi devenue accessible grâce à des agences de tourisme peu regardantes sur les aptitudes de leurs clients. Elles prennent tout en charge : l’acquisition du permis (11 000 dollars), les bouteilles d’oxygène, le voyage en avion, mais aussi la mise à disposition de sherpas, des guides locaux chargés de leurs affaires et de placer les échelles et les cordes indispensables à la bonne réussite de l’ascension.

« Ce n’est plus de l’alpinisme, déplore Isabelle Sacareau, professeure de géographie à Bordeaux-Montaigne, spécialiste du tourisme et de l’Himalaya. Les touristes peuvent arriver au sommet, mais portés comme des sacs de patates. » (...)

le périple revient au minimum à 50 000 euros, souvent plus. Le projet d’Inoxtag devrait même lui coûter de « 600 000 à 1,2 million d’euros », de son propre aveu. Plus qu’une performance physique, l’ascension est devenue un passe-temps pour millionnaires. (...)

le tourisme autour du toit du monde représente chaque année 4 % du revenu national brut du pays. « C’est une aberration de commercialiser l’Everest, regrette Marc Batard, qui a réussi la première ascension du mont en moins de 24 heures, en 1988. Mais c’est un phénomène qu’on voit depuis longtemps : à Chamonix, il y a aussi des gens qui veulent mettre le mont Blanc à leur palmarès, même si c’est la seule montagne qu’ils vont faire dans leur vie. » (...)

Une poubelle à ciel ouvert

La fréquentation de l’Everest est désormais telle que, lors des fenêtres météos favorables, des embouteillages se créent sur la route du sommet. Ces files indiennes représentent un danger mortel : en retardant l’avancée des alpinistes, elles augmentent le risque de se faire piéger, parfois mortellement, par les intempéries.

En s’entassant sur les cimes himalayennes, les visiteurs y amoncellent aussi les ordures. (...)

La situation a forcé le gouvernement népalais à réagir et depuis 2014, chaque voyageur doit revenir de l’Everest avec 8 kilos de déchets. Ce qui ne suffit même pas pour pleinement endiguer la pollution sur place (...)