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Marie-Claude Saliceti
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Le Monde
« Dans le pays des libertés, on n’a pas le droit de tuer » : plusieurs milliers de personnes dans la rue contre les violences policières
Article mis en ligne le 21 mars 2021

A Paris, Rennes, Bordeaux ou Lyon, des marches étaient organisées à l’initiative du Réseau d’entraide vérité & justice, qui regroupe une trentaine de familles de victimes.

(...) « On nous a rendu justice, mais c’est une justice amère, car les policiers n’ont pas été condamnés et continuent d’exercer. Ils ne sont jamais punis. Ce qu’on veut, c’est que les forces de l’ordre soient mises en examen et sanctionnées, comme tout le monde. »

Assa Traoré, devenue l’une des voix importantes de la lutte contre les violences policières depuis la mort de son frère Adama en 2016, a listé les exigences des manifestants, notamment « la fin des contrôles d’identité permanents », « l’interdiction des techniques d’étouffement » et des « armes classées armes de guerre » (LBD et grenades) et la création d’un « organe indépendant » pour enquêter sur les plaintes contre les forces de l’ordre. (...)

« Dans le pays des libertés, on n’a pas le droit de tuer. Ne nous tuez pas, on n’a pas mérité ça », a déclaré Christian Chouviat, père de Cédric Chouviat, mort à la suite d’un contrôle policier en janvier 2020.

Le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, a été hué lorsque les organisateurs ont rappelé les propos qu’il avait tenus en mars 2019, lorsqu’il avait estimé que les termes de « répression » ou de « violences policières » étaient « inacceptables dans un Etat de droit. » Mêmes huées à l’encontre du ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, qui avait déclaré en juillet 2020 à l’Assemblée nationale : « Quand j’entends le[s] mot[s] “violences policières”, personnellement, je m’étouffe. » Le président avait ensuite admis des violences policières dans une interview donnée au média Brut en décembre 2020 après le tabassage du producteur de musique Michel Zecler, tout en dénonçant, par ailleurs, « un slogan politisé ». (...)

« Ces affaires ne sont pas minoritaires ; celles dont on entend parler ne sont que la partie émergée de l’iceberg, le phénomène est massif », selon Farid El-Yamni, le frère de Wissam El-Yamni, mort en 2012 à Clermont-Ferrand. Selon un recensement du site d’information Bastamag, 26 personnes sont mortes à la suite d’une intervention des forces de l’ordre en 2019, et 29 en 2020. Le site recense 746 décès au cours des quarante-quatre dernières années. (...)

Du côté des blessés, le collectif Les mutilés pour l’exemple compte dans ses rangs une trentaine de personnes ayant perdu un œil, une main, un pied, ou ayant été victimes d’un traumatisme crânien. (...)