Afin d’imposer un redémarrage sans restriction aucune de l’économie, le gouvernement français abandonne les mesures de précaution prises sur la rentrée des classes.
Ce que signifiera cette politique est sorti au grand jour en Espagne, où la deuxième vague européenne de Covid-19 est la plus avancée. La première ministre régionale de droite de Madrid, Isabel Ayuso, a déclaré : « Il est probable que pratiquement tous les enfants, d’une manière ou d’une autre, seront infectés par le coronavirus ». C’est effectivement ce qui attend les enfants en Espagne et dans toute l’Europe et leurs familles si la classe ouvrière ne s’oppose pas à la politique de retour forcé à l’école.
Pour la rentrée scolaire de septembre en France, l’enseignement à distance est abandonné ; tous les enfants doivent être présents dans des classes surchargées. Ce ne sont plus les professeurs qui se déplacent comme lors de la réouverture partielle des établissements en juin, mais les élèves en foule dans les couloirs. Le phénomène de « brassage des classes », que le ministère déclarait vouloir éviter, serait ainsi très important. Pour les cours de langues et dans d’autres matières thématiques, les enfants sont regroupés entre plusieurs classes.
Pour les bus scolaires, les récréations et les cantines, le « brassage » est aussi la règle. Tout se passe comme avant le confinement avec quelques aménagements, quand c’est possible. Une explosion de l’épidémie se prépare en milieu scolaire, avec pour seule protection la barrière des masques, et à partir du collège seulement. Toutefois, les masques sont peu efficaces en cas de distanciation sociale insuffisante.
Afin de contraindre les parents à reprendre le travail par tous les moyens, rien n’avait été prévu pour garder les enfants si des classes fermaient pour des cas de Covid-19. Jean-Michel Blanquer, sur BFM-TV le lundi 7 septembre, a carrément dit : « On travaille sur un congé parental en cas de fermeture d’école ». Le congé parental c’est un congé sans solde et donc un coût énorme pour les familles ouvrières !
Finalement, le nombre des cas augmentant très vite, le gouvernement a annoncé jeudi dernier qu’il réactiverait chômage partiel dans le privé et autorisations d’absence pour les fonctionnaires, pour un des parents, en cas de fermeture de classe ou d’école. Le but était manifestement d’éviter une explosion sociale. (...)