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le Parisien
Covid-19 : des contrôleurs SNCF ont caché qu’ils étaient contaminés
Article mis en ligne le 29 septembre 2020

Au début, la quarantaine était de quatorze jours, ça voulait dire 14 jours d’EVS en moins. Maintenant, ce sont sept jours d’EVS en moins ( NDLR : la quarantaine est passée à sept jours ). Cela peut paraître peu mais ça vient s’ajouter aux trois mois de confinement pendant lesquels les cheminots, comme tous les Français, ont déjà perdu de l’argent

« Personne ne veut être en arrêt maladie et perdre de l’argent »

En poussant un peu son enquête, le syndicat découvre que des cheminots qui se savent porteurs du Covid-19 gardent le silence. « Parfois sous la pression de leurs collègues, inquiets d’être identifiés comme des cas contacts, confie un cadre de la compagnie. Personne ne veut être en arrêt maladie et perdre de l’argent. Et on ne peut contraindre personne à faire un test ».

Le 2 septembre, compte tenu de l’urgence, la CFDT Cheminots adresse une demande concertation immédiate (DCI). Une procédure qui permet à un syndicat de solliciter rapidement une rencontre avec la direction. La demande est réalisée sur le périmètre de Ouigo, qui regroupe 2 430 personnes dont 470 contrôleurs. Dans ce document que nous avons pu consulter, le syndicat est clair : « il existe un risque réel que certains salariés touchés par la Covid-19 ne se déclarent pas à l’employeur pour éviter une perte de salaire conséquente à un arrêt de travail pour maladie ». La CFDT demande donc à la SNCF le « maintien du niveau moyen individuel de rémunération des salariés atteint de la Covid-19 ainsi que pour les salariés de contact 1 placés en quarantaine pour cause de Covid-19 ».

Il faut dire que pour un contrôleur, l’arrêt maladie est synonyme de grosse perte de salaire. (...)

Une alerte prise au sérieux par la direction de Ouigo (...)

Au début, la quarantaine était de quatorze jours, ça voulait dire 14 jours d’EVS en moins. Maintenant, ce sont sept jours d’EVS en moins ( NDLR : la quarantaine est passée à sept jours ). Cela peut paraître peu mais ça vient s’ajouter aux trois mois de confinement pendant lesquels les cheminots, comme tous les Français, ont déjà perdu de l’argent (...)

trois jours plus tard des mesures sont annoncées… uniquement pour les cas contacts. Ceux au statut ne sont plus placés en arrêt maladie mais en congé. « Sans qu’on touche à leur quota de congé annuel, précise un syndicaliste. Pour les contractuels, les journées de carence sont supprimées. C’est une victoire mais petite ». En effet, ces mesures sont applicables seulement jusqu’au 10 octobre. Mais surtout, elles ne répondent pas à la perte des EVS. « C’est de la discrimination, s’emporte un contrôleur. Les sédentaires n’ont pas d’EVS. Ils perçoivent donc la totalité de la rémunération. Et les conducteurs de train ont négocié de percevoir une moyenne de leurs EVS alors qu’ils sont moins en contact avec le public que nous ».
Risque de sanction pénale

Bref, le sujet est loin d’être clos (...)

Et la CFDT Cheminots de prévenir : « Ce n’est pas un sujet purement SNCF. Tous les salariés qui ont une part variable, comme les commerciaux, ou qui sont en difficulté financière, risquent de ne pas dire qu’ils ont le coronavirus. Il faut que le gouvernement agisse ».