L’auteur de cette tribune rappelle que les plantes sont une ressource pour notre santé — en stimulant notre système immunitaire — et un motif inépuisable d’émerveillement et de compréhension du monde.
En cette période mouvementée, où nous avons perdu nombre de nos repères, il est réconfortant de savoir que les plantes sont là. Cela me fait du bien parce que, malgré le confinement, je trouve la possibilité de descendre en bas de chez moi cueillir quotidiennement quelques brins d’égopode, quelques jeunes pousses d’ortie, des feuilles d’ail des ours parfumées et de la pimprenelle à saveur de noix fraîche. Grâce à ces tendres végétaux, je me nourris simplement, mais de façon agréable : un oignon revenu dans une bonne rasade d’huile d’olive, de la verdure hachée, une carotte en rondelles et du fromage fondu ou un œuf dans le mélange : voici mon déjeuner quotidien. Et il me convient. (...)
Ces végétaux sont riches en micronutriments qui nous font défaut (...)
l’Organisation mondiale de la santé alerte depuis longtemps sur le fait que la plupart des humains manquent de vitamine C, de fer, d’oligo-éléments et d’antioxydants qui ralentissent le vieillissement de l’organisme. La réaction habituelle est de supplémenter l’alimentation par la prise de compléments alimentaires. Cependant les qualités nutritives des légumes et des fruits sauvages sont si ahurissantes qu’on se pose la question : mais pourquoi ne les met-on pas à profit ? (...)
La réponse est étonnante, et je l’expose en détail dans mon dernier livre, Ce que les plantes ont à nous dire. Elle tient à ce que nous ne mangeons pas des aliments, mais des symboles ! En l’occurrence, les plantes sauvages ont été dévalorisées depuis des siècles et, pour cette raison, elles ne font plus partie de la nourriture possible de l’honnête homme. Or, si jusqu’à présent je trouvais simplement bête de passer à côté de produits si bons au goût et pour la santé en raison de motifs sociohistoriques n’ayant plus lieu d’être, je dois avouer que, dans les circonstances actuelles, cet obscurantisme m’agace profondément.
Le système immunitaire, un bouclier délaissé contre les virus
L’une des grandes absentes des directives que l’on nous assène à longueur de journée est la suivante : faites tout ce que vous pouvez pour améliorer votre immunité naturelle. (...)
un organisme à qui l’alimentation apportera tous les éléments dont il a besoin sera très probablement mieux à même de faire face aux agents pathogènes de notre environnement. Y compris le coronavirus Sars-CoV-2, responsable de la pandémie actuelle.
Pourquoi ne le fait-on pas ? Sans doute y a-t-il toutes sortes de raisons, économiques et culturelles qui font préférer le développement d’un vaccin à celui de notre propre système immunitaire. Cela mérite d’être exploré.
Peut-être aussi parce que nous sommes dans l’urgence et que l’amélioration de son immunité est un processus relativement long – mais nous devons dès à présent penser au futur tout comme au quotidien.
Je soupçonne aussi que notre mentalité belliciste y est pour quelque chose : « Nous sommes en guerre… » et nous vaincrons ce méchant virus ! (...)
Les plantes nous proposent de modifier l’attitude dominatrice que nous arborons du haut de notre toute-puissance (...)
Sommes-nous au début d’une nouvelle ère ? Je pense plutôt que nous nous trouvons en plein milieu d’un grand processus qui dure depuis bien longtemps et a encore de beaux jours devant lui. C’est un immense mouvement qui nous entraîne et dont nous sommes, que nous le voulions ou non, partie prenante. On le nomme l’évolution… (...)