Le Maroc connaît à son tour son appel à manifester « pour le changement » qui circule sur les réseaux sociaux. Mais cette mobilisation, prévue le 20 février, suscite un débat brouillé par le contexte géopolitique et par le fait que le pays est dirigé par un roi, Mohammed VI, et pas par un général. Le Maroc peut-il lui aussi être gagné par la fièvre révolutionnaire, ou est-il « différent » ?
L’instigateur de l’appel à manifester sur Facebook, Rachid Antid, 35 ans, est un natif et habitant de Meknès, ville du Nord du pays, licencié en droit privé, formé en informatique et actuellement au chômage. Rachid Antid avance à visage découvert et affirme ne pas craindre la répression.
Pourtant, peu après la popularisation de son groupe Facebook, des policiers sont venus questionner sa mère, chez qui il vit toujours, ainsi que le concierge de l’immeuble. « C’est surtout un moyen de passer le message : “tu es surveillé” », interprète-t-il.(...)
Et les réactions à son appel ne sont pas toutes positives. Sur le mur du groupe, les insultes pleuvent : d’espion algérien à homosexuel, rien est épargné à Rachid Antid et ses camarades. (...)
Dans le même temps, la parole s’est libérée ; le pays a applaudi des deux mains les révolutionnaires égyptiens et suivi assidûment les événements via la chaîne Al Jazeera.(...)
Mais tous ceux qui ont voulu inclure le Maroc dans la théorie des dominos à la suite de la Tunisie et de l’Egypte sont sévèrement attaqués.
Des internautes, sur Facebook, ont du coup appelé les manifestants du 20 février à la vigilance(...)
Sur les réseaux sociaux, la bataille des pro et anti-manif du 20 février fait rage et se poursuivra jusqu’à dimanche. Parfois, c’est fait avec humour, comme avec ce tweet provocateur :
« Si vous n’êtes pas contents au Maroc, vous n’avez qu’à vous immoler en Tunisie. »(...)