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Futura Sciences
Ça fait peur : le commerce de tests génétiques arrive en Europe
Article mis en ligne le 9 décembre 2014
dernière modification le 4 décembre 2014

Le test génétique personnalisé commercialisé par l’entreprise 23AndMe est disponible au Royaume-Uni depuis quelques jours. En 2013, la FDA avait demandé à l’entreprise de ne plus vendre ses kits qui donnaient des informations sur les risques de maladies chroniques

Le test génétique à 125 £ (environ 150 €), controversé aux États-Unis, arrive en Grande-Bretagne, mais sous une forme modifiée. Depuis le 2 décembre 2014, les citoyens britanniques peuvent désormais faire tester leur ADN par une entreprise privée : 23AndMe.

Les faits : un test interdit aux États-Unis

Or en 2013, la FDA (autorité sanitaire des États-Unis) avait interdit à la société de donner des informations sur la santé des individus car, d’après elle, il n’y avait pas de preuves de la fiabilité de ces tests. Selon l’entreprise, les remarques de la FDA ont été prises en compte et le test britannique ne donnera pas autant d’informations sur la santé que le test initialement proposé aux États-Unis. Au Royaume-Uni, ce service ne sera pas commercialisé comme diagnostic et donc ne nécessite pas d’être approuvé par l’Agence de réglementation des médicaments et des produits de santé (MHRA : Medicines and Healthcare Products Regulatory Agency). D’après Anne Wojcicki, PDG de l’entreprise californienne et épouse du cofondateur de Google Sergey Brin, « le Royaume-Uni est un leader mondial de la génomique et nous sommes très enthousiastes d’offrir un produit spécialement pour les consommateurs britanniques ». Google a été l’un des premiers investisseurs de l’entreprise 23AndMe fondée en 2006. (...)

La FDA s’inquiétait des conséquences que pourraient avoir les informations fournies, par exemple dans le cas du cancer du sein. En effet, le test indiquait un risque génétique de cancer du sein lié aux gènes BRCA et des informations sur la réponse aux médicaments comme la warfarine. Aussi, de faux positifs pouvaient conduire une patiente à une chirurgie prophylactique et des faux négatifs inciter à l’abandon d’un traitement. L’entreprise a donc décidé de ne fournir que des données sur le génome en général et l’hérédité. Par exemple, une personne qui fait tester son ADN peut savoir quel pourcentage provient de néandertaliens.

Les autorités avertissent des risques (...)

Si les tests génétiques sont un outil utile dans certaines situations pathologiques, on peut s’interroger sur leur utilité pour les personnes en bonne santé. La plupart des maladies sont complexes et impliquent de nombreux gènes et causes environnementales, comme le rappelle Mark Thomas, professeur au University College London, « la génétique est désordonnée et compliquée. Si les gens s’attendent à ce que leur test dise : "vous avez ce variant, c’est pourquoi vous allez avoir cette maladie", ils doivent savoir que c’est rarement ainsi ».