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L’expérience du désordre
Bordeaux : D’abord on se lève
Article mis en ligne le 11 avril 2016

Nous sommes (Place de) la République.
Pendant ce temps-là, au Panama-tralala.
Pendant ce temps-là, à Bordeaux, c’est Marathon. Des centaines de gens courent dans les rues. Ils ont des vêtements fluos et des bénévoles ont été recrutés pour les encourager au bord de la route. Il y a le dépassement de soi, chacun relève bien le défi qu’il veut, mais c’est aussi la course de Lagardère, les bénéfices de Lagardère, pas juste courir, il faut des animations, des images de marque, si tu veux tu peux : Impossible is nothing.

Sur la place de la République, c’est la première #NuitdeboutBordeaux.

Les prises de parole commencent :
« Des fois on vit, des fois on vit pas. Dans la manif, tout à l’heure, je me suis senti vivant pour la première fois »
« J’espère que là, à la fin, on changera quelque chose. »
Je lève la tête. Les statues de quatre hommes assis nous surplombent. Nous sommes entre le tribunal et l’hôpital.
Un joyeux franco-brésilien nous le dira au micro plus tard : « Et frère, et négro, y’a des antillais ?, tu choisis quoi le tribunal ou l’hôpital ? » Il nous fera rire, parlera de sourire, le pouvoir du sourire, et un peu en brésilien, ça réchauffe toujours.
Parmi les statues plantées là-haut, je sais qu’il y a celle de Montesquieu.

Pendant ce temps-là, c’est Panama.
Pendant ce temps-là, mon fils me demande : « Après quoi, ils courent ceux du Marathon ? »
Prenez une longueur d’avance.

Ici, République, commence la grande discussion : « D’abord ce qui est beau, c’est ce rassemblement. » « Partageons. N’ayons pas peur. » « Finalement, l’argent, c’est rien… « 
Comme ça, chacun son tour, en se dépassant un peu, plusieurs l’avouent, C’est la première fois qu’ils parlent en public, devant quelque chose comme 1500 personnes, il y a des hésitations : « Excusez-moi je bredouille un peu » ou « ce soir, ce que nous font(s), c’est beau » et puis, nous voilà devenus des « étendardistes ».
Une dame : « C’est une histoire de conscience collective et ça, je l’attendais moi. Merci d’être là. »

Le mot qui revient dans ces prises de parole successives, celui du soulagement : « Enfin… c’est le réveil. » (...)