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le Figaro
Bénin : barricades dans les rues, le pouvoir dément vouloir arrêter l’ex-président
Article mis en ligne le 2 mai 2019

De violents heurts ont éclaté au Bénin et la capitale économique, Cotonou, était bloquée quelques heures après l’annonce des résultats des élections législatives, marquées par un fort taux d’abstention et par l’absence de l’opposition, ont rapporté des journalistes de l’AFP.

Les opposants béninois se sont soulevés craignant l’arrestation imminente de l’ancien chef de l’Etat, Boni Yayi (1996-2006), qui avait appelé au boycottage des élections, puis avait lancé un ultimatum lundi pour demander au président Patrice Talon d’interrompre le processus électoral, qualifié de « coup d’Etat institutionnel ».Les manifestants ont scandé des slogans hostiles à Patrice Talon, promettant de « le faire partir », avant d’être dispersés par des jets de gaz lacrymogène. Ils ont mis le feu à une station-service proche du palais présidentiel et ont incendié des commerces privés et des banques. Des soldats armés, des chars, et d’importants effectifs de police ont été déployés à travers la ville, et particulièrement dans le quartier de Cadjehoun, d’où s’échappaient d’épaisses fumées noires, et autour des grands sièges des médias. La capitale économique du pays s’est vidée en une heure, face à ces manifestations impromptues.

« Nous ne reconnaissons pas notre pays », a expliqué à l’AFP un jeune manifestant, Abdul Wahab. « Apres l’arrestation des journalistes et des acteurs politiques, c’est le tour des anciens chefs d’Etat, mais Talon nous aura sur son chemin. On ne laissera pas sa dictature prendre le pays en otage. » « Le pays est à nous tous et on le reprendra », a promis Artistide Metowanou un jeune militant du FCBE, le parti de l’ancien président. « On va lutter à mains nues s’il le faut contre la dictature. »(...)