Dans les cabinets médicaux, l’arrêt-maladie est l’objet de négociations. Patients qui refusent, patients qui réclament… Des médecins racontent.
Les médecins ont senti le vent tourner. Après avoir envisagé cet été de faire payer aux employeurs une partie du coût des arrêts-maladie de courte durée, c’est désormais vers eux que le gouvernement s’est mis à regarder pour tenter d’endiguer la hausse régulière du montant des indemnités journalières. Un poste qui a dépassé en 2016 pour la Sécurité sociale les 7,1 milliards d’euros au titre des seuls arrêts-maladie (hors accidents du travail), en hausse de 15 % par rapport à 2010.
Cette explosion des dépenses a fait peser sur ces professionnels de santé le soupçon de distribuer des arrêts de façon légère, voire abusive. Interrogés sur leurs pratiques, des médecins décrivent pourtant des patients réticents à accepter ceux de courte durée, qui représentent près de la moitié des arrêts de travail (46 %) et seulement 4 % de la dépense totale des indemnités journalières. (...)