Même si l’intervention policière sur la Zad semble moins probable, la vigilance des opposants reste intacte. Dimanche 4 décembre, ils ont mené le repérage des lieux possibles où les autorités pourraient vouloir intervenir.
– Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), reportage
Pendant tout cet automne, à Notre Dame des Landes, les travaux ont été menaçants. Les répétition de chaînes téléphoniques, stages d’autodéfense, démonstrations de tracteurs ceinturant des fermes et autres mesures se préparant à une éventuelle attaque ont montré la détermination des opposants. Ce dimanche 4 décembre a été consacré, cartes en main, à un repérage par les opposants des routes qu’il faudrait élargir pour lancer les travaux, et des emplacements des deux échangeurs à débroussailler pour relier le projet de barreau routier aux axes Nantes Rennes et Nantes Vannes. L’occasion aussi, de partager les modus operandi des ripostes sur le terrain.
Balade de découverte nature, repérage des éléments à défendre face à d’éventuels travaux, discussion sur le moyens de s’opposer à une intervention : le menu de ce dimanche a mêlé plaisirs bocagers et stratégies de défense militante. Le matin frisquet n’a pas découragé près de deux cents arpenteurs du bocage, bien emmitouflés. (...)
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A Notre-Dame-des-Landes, les opposants multiplient les balades de repérage des lieux d’intervention
05/12/2016
10:12
Reporterre, le quotidien de l ’écologie
Nicolas de La Casinière
Même si l’intervention policière sur la Zad semble moins probable, la vigilance des opposants reste intacte. Dimanche 4 décembre, ils ont mené le repérage des lieux possibles où les autorités pourraient vouloir intervenir.
– Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), reportage
Pendant tout cet automne, à Notre Dame des Landes, les travaux ont été menaçants. Les répétition de chaînes téléphoniques, stages d’autodéfense, démonstrations de tracteurs ceinturant des fermes et autres mesures se préparant à une éventuelle attaque ont montré la détermination des opposants. Ce dimanche 4 décembre a été consacré, cartes en main, à un repérage par les opposants des routes qu’il faudrait élargir pour lancer les travaux, et des emplacements des deux échangeurs à débroussailler pour relier le projet de barreau routier aux axes Nantes Rennes et Nantes Vannes. L’occasion aussi, de partager les modus operandi des ripostes sur le terrain.
Balade de découverte nature, repérage des éléments à défendre face à d’éventuels travaux, discussion sur le moyens de s’opposer à une intervention : le menu de ce dimanche a mêlé plaisirs bocagers et stratégies de défense militante. Le matin frisquet n’a pas découragé près de deux cents arpenteurs du bocage, bien emmitouflés. Le rendez-vous est à 9 heures à la Noë-Verte, maison occupée depuis octobre 2015 à l’est de la ZAD, proche de l’axe Nantes-Rennes. « Pour le groupe qui partira à pied depuis ici, pas besoin de bottes ». Pour presque tous les participants, la balade offre un aperçu d’un secteur moins fréquenté de la Zad, et une appropriation du terrain. Comme pour celles et ceux qui ont joué du marteau, de la houe et de la visseuse pour retaper cette maison et curer les fossés en janvier dernier, l’environnement devient leur fief, au moins symboliquement, presque affectivement. C’est leur terrain de lutte, et ce pourrait être un théâtre d’opération, comme disent les militaires.
Du ridicule au blietzkrieg
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Carte du secteur de la Noé verte, avec éventuel « barreau routier » en rose
Avant la répartition en trois groupes, le briefing se tient devant une grande carte en couleur, tenue au mur par deux bonnets enfoncés jusqu’au nez. Trois scénarios sont envisagés :
1/ une intervention symbolique des policiers et gendarmes aux pointes Est ou Ouest de la zone sur les échangeurs routiers : ce serait « très cadré par les flics, mais symbolique, limite ridicule d’une seule journée et après engins et flics dégagent » ;
2/ une attaque des autorités au cœur de la Zad , sur l’emplacement voulu pour l’aéroport, en grignotant du terrain peu à peu ;
3/ une « offensive de type blietzkrieg, genre opération César 2 », qui semble à tout le monde peu plausible dans l’immédiat, mais qui pourrait être le déroulé choisi dans l’avenir.
Munis de cartes couleur photocopiées et du petit atlas de la zad (32 pages format A5, publié ces dernières semaines), les trois groupes vont faire, à pied ou à vélo, l’inventaire des haies, arbres sensibles et talus qui seraient à ratiboiser en cas de début de travaux. Les périples relèvent aussi l’implantation des lignes moyenne tension à déplacer pour agrandir les routes destinées au passage des engins de travaux publics. Il y a au moins deux cartographes de métier dans ce groupe de l’Est, qui compte 64 préposés à l’inventaire bocager. Le conseil est donné : ne pas marcher comme des bœufs en troupeau et éviter de piétiner les prairies et les champs traversés, respecter barrières et clôtures.
Après une parcelle piquetée de joncs, première étape du groupe devant un chêne têtard, qui s’avère vite être un frêne. C’est un habitat de prédilection pour le grand capricorne, insecte protégé, mais aussi « espèce parapluie » génératrice de biodiversité, puisque son existence permet celle de près de 200 espèces plus petites. En cas de travaux, ce frêne serait scié à sa base par les promoteurs de l’aéroport, et transporté dans un rayon de quelques centaines de mètres, fiché sur une tige filetée. L’arbre exilé permettrait de finir le cycle de naissance des capricornes pondus au creux du bois. « Mais une fois mort, l’arbre privé de sève ne sert plus à rien. Il n’est pas attractif pour de nouvelles femelles capricornes. Jouer avec le vivant, c’est toujours très délicat », explique le naturaliste passionné par son sujet. On l’écouterait des heures. (...)
La troupe poursuit son chemin, reporte les haies sur les cartes. Ces éléments seront centralisés dans l’après-midi pour documenter une carte générale des lieux possibles de travaux et donc de ripostes. (...)