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Le Monde
A La Teste-de-Buch, la restauration de la forêt fait débat
#incendies #landes #forets
Article mis en ligne le 4 janvier 2023

Six mois après l’incendie qui a ravagé des centaines d’hectares de pins du bassin d’Arcachon, l’heure est au nettoyage du bois mort. Alors que les scientifiques appellent à défendre ce patrimoine unique en France, sa reconstitution divise.

Sur cette route qui mène à l’océan, la vue n’a jamais été aussi dégagée. La dune du Pilat se dresse sous les yeux ­ébahis de ceux qui empruntent à nouveau la RD218. La route qui relie le site le plus visité de Nouvelle-Aquitaine (2 millions de visiteurs par an) et la cité ­balnéaire de Biscarrosse a été rouverte le 17 décembre. Ici, tout ou presque a brûlé dans les incendies qui, cet été, ont ravagé le bien commun précieux du bassin d’Arcachon : sa forêt de pins. (...)

quelques pousses vertes viennent égayer les lieux. Des arbres, blessés au tronc mais à la cime verte, ­rappellent que la nature cherche à reprendre ses droits. Les déblayages de bois mort et vivant s’enchaînent, dans cette forêt partagée entre une partie domaniale et une autre usagère, détenue par plus de 300 propriétaires privés mais ouverte au public. Une forêt au statut particulier, fondée sur un fonctionnement aujourd’hui unique en France, celui des « baillettes et transactions », contrat civil, dont le plus ancien remonte à 1468. (...)

Des droits d’usage anciens

A l’époque, le seigneur de Buch accorde des droits d’usage aux habitants (une quarantaine de familles) répartis sur les communes de La Teste-de-Buch, Cazaux et Gujan-Mestras, puis d’Arcachon et de Lège-Cap-Ferret. Grâce à cet accord, ils ont la possibilité de ramasser le bois mort, mais aussi de couper les chênes pour se chauffer. Quant aux propriétaires de parcelles, ils peuvent prélever du bois pour la construction de leur maison s’ils justifient de dix années d’habitation sur place et en font la demande écrite aux syndicats généraux, gestionnaires de la forêt. Seule condition de cet accord : le bois ne peut pas être commercialisé, et seule la résine des pins peut être exploitée. Une économie qui commence à décliner dans les années 1970, avant de s’éteindre complètement. (...)

Malgré plusieurs tentatives, ce fonctionnement n’a jamais été abrogé. Dans cette forêt usagère, entretenue bon an, mal an par des propriétaires parfois absents, le feu a fait rage en juillet, détruisant 80 % de ce que tous – habitants, scientifiques comme élus – s’accordent à définir comme un « trésor de la biodiversité », qui a évolué à son propre rythme sans véritable intervention extérieure. Ici, pas de stratégie d’exploitation du bois puisqu’il n’est pas commercialisé. Pas de stratégie tout court, laissant toute la place à la faune et à la flore pour se développer librement. (...)

Lire aussi : (Vie Publique)

La forêt usagère de la Teste de Buch - Un fragile équilibre entre propriété et usage

Rapport public : Conseil général de l’Environnement et du Développement durable - Conseil général de l’Alimentation, de l’Agriculture et des Espaces ruraux