La police a réprimé les manifestants opposés au projet d’extraditions vers la Chine continentale, momentanément repoussé.
En quelques heures, dans l’après-midi du mercredi 12 juin, Admiralty et Central, les deux quartiers les plus emblématiques de la modernité hongkongaise, avec leurs palmiers, leurs pelouses à l’anglaise et quelques élégants vestiges d’architecture coloniale se sont métamorphosés… en un champ de bataille jonché de débris en tout genre, de masques usagés et de bouteilles en plastique. L’air, infesté de gaz lacrymogène, pique la peau, la gorge et les yeux dès la sortie du métro. (...)
Les affrontements ont opposé la police de Hongkong en tenue antiémeute avec casques, bâtons et boucliers transparents à des dizaines de milliers de jeunes en tee-shirts noirs, la bouche protégée par un masque chirurgical, les yeux par des lunettes et parfois un parapluie pour parer aux jets de gaz poivre. (...)
Hongkong est une région administrative spéciale chinoise, mais son système juridique autonome empêchait jusqu’alors toute extradition vers la Chine. (...)
Dès mardi 11 juin, le Parlement de Hongkong n’a pu faire autrement que d’annoncer que les débats étaient provisoirement repoussés. Ce qui n’a fait qu’aggraver la situation, le face-à-face tendu depuis la veille virant à l’affrontement général en milieu d’après-midi, mercredi 12 juin, après qu’un groupe de protestataires a tenté de s’approcher trop près du LegCo. La police s’est mise alors à utiliser non seulement des gaz mais des armes plus blessantes, en tirant notamment à courte portée des balles en caoutchouc et des bean bags (« sacs à pois »). Le recours abusif à ces armes plus létales a été dénoncé par Amnesty International.
« Ils ont envoyé des salves de gaz lacrymogène en visant notre petit stand de premiers secours. Ils ont continué à nous viser alors que nous étions coincés de toutes parts », affirme Jason, un étudiant
C’est ce premier affrontement violent qui, selon divers témoins, a mis le feu aux poudres. « Ils n’ont même pas brandi les pancartes noires pour prévenir qu’ils allaient utiliser ce type d’armes », affirme Jason, étudiant de 23 ans. « Ils ont envoyé des salves de gaz lacrymogène en visant notre petit stand de premiers secours. Ils ont continué à nous viser alors que nous étions coincés de toutes parts. J’ai vu des gens avec des blessures très graves au visage. » (...)