Dans une lettre adressée aux parents d’élèves du public et du privé sous contrat jeudi 12 février, le ministre Geffray appelle à un « sursaut collectif » face au fléau de la violence et du harcèlement à l’école. Il insiste sur une conviction : éduquer est une affaire collective. La question des « écrans », à la maison comme dans la société, tout comme celle de la violence, nous le rappelle chaque jour.
Mais derrière cet appel se posent plusieurs questions : quels moyens concrets pour associer réellement les parents à la vie de l’école ? Quelle est la part de responsabilité des familles ? Celle de l’État ?
Une réalité alarmante
Les chiffres sont préoccupants. Selon l’enquête ENABEE, 13 % des enfants de 6 à 11 ans souffrent de troubles psychiques. Chez les adolescents, 15 % présentent un risque élevé de dépression.. En moyenne, plus d’un enfant par classe est confronté au harcèlement, deux élèves par classe sont victimes de violences sexuelles.
Face à cette réalité, les moyens humains manquent cruellement. L’école ressemble parfois à un désert médical : on compte aujourd’hui un médecin scolaire pour 13 000 élèves, un infirmière pour 1 300 élèves et un psychologue pour 1 500 élèves. Dans ces conditions, les bilans de santé, le suivi psychologique et l’accompagnement des élèves les plus fragiles sont difficilement assurés.
Comment parler de responsabilité partagée sans évoquer la responsabilité de l’État, notamment lorsque des postes sont supprimés ou non remplacés, et que les personnels médico-sociaux sont en nombre insuffisant ?
« La plus noble des missions » (...)
Appel à un sursaut collectif… une méthode et des moyens ?
L’appel à la mobilisation collective ne peut toutefois ignorer une réalité : l’école a besoin de moyens, de dispositifs renforcés, de temps pour travailler avec les parents, de coopération en réseau avec les professionnels de santé, les associations et les acteurs sociaux.
La coéducation ne peut être seulement un mot d’ordre. Elle suppose des ressources, des personnels formés, du temps institutionnel et une politique publique cohérente. En bref : responsabilité des parents, mais responsabilité de l’État.