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Vendanges en Champagne : dans l’envers du décor
#vendanges #conditionsdetravail #hebergement #migrants #immigration #exploitation
Article mis en ligne le 26 septembre 2024
dernière modification le 24 septembre 2024

120.000 saisonniers sont attendus pendant dix jours en Champagne. Face aux risques de décès (quatre l’an dernier, dans un contexte de fortes chaleurs) et aux conditions d’hébergement des vendangeurs, parfois indignes, la profession a présenté un plan pour faire cesser ces dérives.

Nous sommes au milieu des vignes de la Maison Drappier, dans le village de Chervey dans l’Aube. Dans les rangées, beaucoup de Polonais, une majorité d’habitués et quelques nouveaux ; comme Robert, 25 ans : "Je pense que c’est bien rémunéré : j’ai un contrat, je ne peux pas dire combien je serai payé exactement parce que je ne sais pas encore, et c’est payé à l’heure donc on verra." (...)

Les saisonniers seront tous payés au Smic horaire et recevront une prime de 10 %. Ils sont également nourris et logés. Le viticulteur Michel Drapier vient d’ailleurs de rénover une maison entière pour améliorer leur accueil. (...)

Mais faute de place ou de temps, la moitié des 16 000 vignerons champenois font appel à l’un des 600 prestataires identifiés par l’interprofession. Des intermédiaires pour recruter, loger, rémunérer les vendangeurs.

Conséquences des scandales de l’été dernier, ces prestataires sont désormais invités à s’inscrire sur une plateforme accessible aux vignerons. Ils remplissent alors des engagements pour la sécurité et le bien être des travailleurs. (...)

À ce jour, 20 % seulement des prestataires sont présents sur cette plateforme. (...)

Recrutements sauvages

Et malgré les efforts de l’interprofession, les dérives semblent persister. Illustration à Épernay, dans la Marne, connue pour sa prestigieuse avenue de Champagne : sur le parvis de la gare, une vingtaine d’hommes originaires d’Afrique de l’ouest s’apprêtent à dormir dehors sur de simples cartons. Ils attendent d’éventuels recruteurs pour les vendanges. Certains ont déjà des propositions : 70 euros la journée.

Touré vient d’être approché par un intermédiaire : il a 23 ans, est originaire d’Érythrée, et arrive de la région parisienne. "Il y a des patrons, ils vont te proposer 100 euros pour travailler toute la journée. Il y en a d’autres, ils vont te proposer de 7h à 16h pour 70 euros, ça dépend. Il y en a qui logent et nourrissent, d’autres non." Parfois des contrats, mais pas de fiche de paie.

Et alors que la récolte s’annonce petite, Barry, guinéen, s’est vu proposer une rémunération au rendement, avec une une sorte d’indemnité logement. "S’il y a beaucoup de raisins, c’est très bien. S’il n’y a pas beaucoup, on ne va pas gagner beaucoup." Il est payé à la quantité de raisins ramassés, et 10 euros pour se loger.

La difficile lutte contre les logements insalubres (...)