
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que son pays avait été la cible de nouvelles frappes russes mardi soir, touchant notamment un hôpital, et ce, quelques heures seulement après l’annonce par Washington et Moscou d’une trêve limitée. Les discussions sur un cessez-le feu en Ukraine devraient débuter dimanche en Arabie saoudite.
Peu après la fin de l’appel entre Vladimir Poutine et Donald Trump, des sirènes d’alerte et des explosions ont retenti dans la capitale ukrainienne. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé que son pays avait fait mardi 18 mars l’objet de nouvelles frappes russes, qui ont notamment visé un hôpital.
Les dirigeants américain Donald Trump et russe Vladimir Poutine ont convenu lors d’un échange téléphonique très attendu d’une trêve limitée aux infrastructures énergétiques, en vue d’un cessez-le-feu total.
Vladimir Poutine a aussi accepté que 175 prisonniers de guerre soient échangés mercredi avec l’Ukraine.
"Il y a malheureusement des frappes, et précisément contre des infrastructures civiles", a écrit dans la nuit le président ukrainien Volodymyr Zelensky sur Telegram. Il a estimé que Vladimir Poutine avait "rejeté la proposition d’un cessez-le-feu complet".
Le dirigeant a fait état notamment d’une "frappe directe d’un (drone de conception iranienne) Shahed sur un hôpital à Soumy", dans le nord du pays, et d’autres attaques, y compris à Kiev.
Volodymyr Zelensky n’a mentionné aucune attaque directe contre des infrastructures énergétiques, objet de la trêve de 30 jours.
Des négociations "difficiles" avec Poutine, admet Trump
Mais "ce sont précisément ces attaques nocturnes de la Russie qui détruisent notre énergie, nos infrastructures et la vie normale des Ukrainiens. Et le fait que cette nuit n’ait pas été une exception montre que nous devons continuer à faire pression sur la Russie pour le bien de la paix", a-t-il souligné.
"Poutine a en réalité refusé aujourd’hui la proposition d’un cessez-le-feu complet" lors de son entretien téléphonique avec Donald Trump, a-t-il estimé.
La Russie a de son côté affirmé avoir repoussé plusieurs tentatives d’incursion terrestre de l’armée ukrainienne dans la région russe frontalière de Belgorod.
Dans une interview sur Fox News dans la soirée, Donald Trump a reconnu que les négociations avec son homologue russe étaient "difficiles". "La Russie a l’avantage, comme vous le savez", a-t-il dit.
Les dirigeants américain et russe ont convenu de commencer "immédiatement" des négociations, qui doivent se tenir au Moyen-Orient, sur un arrêt progressif des hostilités déclenchées en février 2022 par l’invasion russe, selon un communiqué de la Maison Blanche. Moscou a évoqué un échange "détaillé et franc".
Les deux dirigeants se sont accordés sur une trêve en Ukraine, limitée aux infrastructures énergétiques, dont Steve Witkoff a précisé qu’elle "concernait l’énergie et l’infrastructure en général".
Des discussions sur une trêve en Ukraine dimanche en Arabie Saoudite (...)
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– (Mediapart/AFP)
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Lors d’un appel téléphonique, les présidents russe et américain sont convenus d’un arrêt des frappes russes sur les infrastructures énergétiques en Ukraine pour trente jours. Des négociations devraient commencer sous peu sur une possible pause graduelle dans la guerre. Rien n’a filtré en revanche sur les questions territoriales. (...)
Les deux dirigeants ont convenu de commencer « immédiatement » des négociations, qui auront lieu au Moyen-Orient, sur une possible pause graduelle dans la guerre déclenchée en février 2022 par l’invasion russe, selon l’exécutif états-unien.
Moscou a dit avoir accepté de cesser les frappes sur les infrastructures énergétiques en Ukraine pour trente jours, en qualifiant l’échange entre les présidents de « détaillé et franc ».
Selon le Kremlin, Vladimir Poutine est prêt à « travailler avec ses partenaires américains sur un examen approfondi des voies possibles d’un règlement, qui devrait être global, stable et durable ».
Conditions
Il a aussi accepté que 175 prisonniers de guerre soient échangés mercredi avec l’Ukraine.
Pour le reste, le président russe, sans souscrire au projet de cessez-le-feu de trente jours que les Ukrainiens ont déjà accepté sous la pression de Donald Trump, a déroulé ses conditions, dont la fin du « réarmement » de l’Ukraine, selon le Kremlin.
Il a aussi réclamé auprès de Donald Trump l’arrêt de l’aide occidentale à Kyiv.
La Maison-Blanche a elle évoqué, en plus de la pause des attaques contre le secteur de l’énergie en Ukraine, des « négociations techniques sur la mise en place d’un cessez-le-feu maritime en mer Noire, sur un cessez-le-feu total et sur une paix durable ».
Dans son communiqué, l’exécutif états-unien a par ailleurs vanté l’« immense avantage » d’une « meilleure relation bilatérale » entre les États-Unis et la Russie, avec à la clé de potentiels « énormes accords économiques ».
Depuis son retour au pouvoir le 20 janvier, Donald Trump a engagé un spectaculaire rapprochement avec la Russie, là où son prédécesseur démocrate Joe Biden avait coupé les ponts et s’était consacré à l’aide à l’Ukraine.
Les comptes rendus publiés par les deux capitales ne mentionnent pas d’éventuels redécoupages territoriaux, après que le président américain a dit être prêt à parler de « partage » entre l’Ukraine et la Russie, de quoi inquiéter Kyiv.
« Sans conditions »
Le chef de la diplomatie ukrainienne, Andriï Sybiga, avait martelé mardi que Moscou devait accepter une trêve « sans conditions ». (...)
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky doit se rendre mercredi à Helsinki, pour des pourparlers sur « le soutien de la Finlande à l’Ukraine et sur les mesures visant à mettre fin à la guerre d’agression de la Russie », selon la présidence finlandaise.
L’Ukraine a accepté, sous la pression de Washington, l’idée d’un cessez-le-feu inconditionnel de trente jours.
Vladimir Poutine, qui a l’avantage militaire sur le terrain, a pris soin de ne pas refuser cette idée mais avait déjà publiquement exprimé des réticences. (...)
Le président états-unien a repris sur plusieurs points la rhétorique et des contre-vérités du Kremlin.
Il a déjà accédé à des revendications russes, en jugeant impossible le maintien de l’intégrité territoriale de l’Ukraine et son adhésion à l’Otan.
À l’inverse, il a soumis les autorités ukrainiennes à une pression extrême, qui a culminé lorsque Donald Trump a publiquement rabroué Volodymyr Zelensky à la Maison-Banche.
Il avait ensuite suspendu l’aide militaire et en renseignements à Kyiv, ne les rétablissant que lorsque l’Ukraine avait entériné son projet de trêve.
La Russie n’a pour sa part fait état jusqu’ici d’aucune concession de fond, réclamant toujours cinq régions ukrainiennes, dont la Crimée.