En Turquie, cette année encore, le 1er mai se déroule dans un climat tendu. Les syndicats ont appelé à manifester à travers le pays pour réclamer des hausses de salaire face à la très forte inflation et contre le recul de l’État de droit. À Ankara, des dizaines de milliers de personnes battent le pavé, tandis qu’à Istanbul des tensions éclatent et plusieurs centaines d’arrestations ont eu lieu.
(...) Dénoncer un pouvoir autoritaire
La plupart des syndicats appelaient aussi à manifester pour la « justice » et la « démocratie ». Ekrem Imamoglu, maire déchu d’Istanbul et principal opposant du président Erdogan, est en prison depuis plus d’un an, comme des dizaines d’élus et membres de son parti. À Istanbul d’ailleurs, les manifestations se sont déroulées sous haute tension. La plupart des syndicats et des partis politiques s’y étaient donné rendez-vous sur la rive asiatique de la ville. Mais d’autres ont tenté de marcher vers la célèbre place Taksim, interdite aux rassemblements. À la mi-journée, au moins 200 personnes auraient été arrêtées selon une association de juristes locale.
Des arrestations qui entrent en résonance avec celles dénoncées par les manifestants. En Turquie, le pouvoir n’hésite pas à réprimer les journalistes, les syndicalistes ou les avocats. (...)
Une bonne nouvelle tout de même pour les travailleurs en ce 1er-Mai turc : la victoire des mineurs de l’entreprise Doruk Madencilik. Une centaine d’entre eux étaient en grève de la faim depuis le 20 avril dans un parc d’Ankara pour réclamer des mois de salaires impayés. Ils ont finalement obtenu gain de cause.