
Le fondateur et chef historique du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), Abdullah Öcalan, a appelé jeudi 27 février 2025 le PKK à se dissoudre. Il a aussi appelé les combattants à déposer les armes.
« Détermination » à tourner la page de la lutte armée
Le PKK est en lutte armée depuis des années contre le pouvoir en Turquie. Il est classé comme un groupe terroriste par Ankara et ses alliés occidentaux - États-Unis, Union européenne ou encore Royaume-Uni -. De son côté, le dirigeant et fondateur Abdullah Öcalan, arrêté en 1999 lors d’une opération digne d’un film hollywoodien menée par les forces de sécurité turques au Kenya après des années de cavale, purge une peine de prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle dans l’île-prison turque d’Imrali.
Abdullah Öcalan, 75 ans, avait exprimé lors de précédentes rencontres avec des députés prokurdes sa « détermination » à tourner la page de la lutte armée. « Si les conditions se présentent, j’ai le pouvoir théorique et pratique de transférer le conflit du terrain de la violence au terrain juridique et politique », avait-il assuré fin octobre à l’un de ses interlocuteurs.
Ses deux précédents appels à la trêve, au début des années 2000 puis en 2013, avaient fait long feu, cédant la place à des flambées de violence. (...)
« Respecter les droits culturels et démocratiques des Kurdes de Turquie »
Dans un communiqué, le ministère allemand des Affaires étrangères a salué jeudi l’appel d’Abdullah Öcalan, le qualifiant de « chance historique ». « Mettre fin à la violence est une première étape importante, mais d’autres étapes sont nécessaires sur la voie d’une solution viable pour les habitants de la Turquie. Cela implique notamment de respecter et de garantir les droits culturels et démocratiques des Kurdes de Turquie », a ajouté le ministère dans un communiqué.
Abdullah Öcalan, icône kurde par-delà les barreaux
Ennemi public numéro 1 et terroriste pour Ankara, héros de la résistance et figure incontestée de la cause kurde - cette minorité trans-étatique opprimée au Moyen-Orient - Abdullah Öcalan, continue à presque 76 ans et malgré son isolement sur l’île prison d’Imrali d’incarner les espoirs d’émancipation des Kurdes
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26 ans après son emprisonnement à vie, dépeint par la Turquie comme le cerveau d’une menace existentielle contre l’unité nationale, Abdullah Öcalan a renoncé au fil des ans à un État kurde indépendant pour prôner une autonomie politique au sein de la Turquie.