Ce vendredi 27 mars, un rapport d’enquête des Nations unies met en cause l’implication des forces syriennes dans des violences meurtrières survenues en juillet 2025 à Soueïda, ayant fait plus de 1 700 morts et provoqué des déplacements massifs.
Les forces gouvernementales syriennes ont commis de potentiels « crimes de guerre » contre la communauté druze, affirme un rapport de la commission d’enquête indépendante des Nations unies sur la Syrie. Selon ce document, plus de 1 700 personnes ont été tuées en juillet 2025 lors d’affrontements entre druzes et bédouins, auxquels les forces gouvernementales censées mettre fin aux violences ont finalement pris part.
La ville de Soueïda, dans le sud du pays, constitue le principal bastion de la communauté druze, mais la région est également peuplée de tribus bédouines. En juillet 2025, des tensions anciennes ont dégénéré en massacres. Les enquêteurs de l’ONU décrivent trois vagues successives de violences. (...)
Une insécurité persistante sur le terrain
Aujourd’hui, la ville de Soueïda est protégée par des forces armées druzes, mais l’insécurité y reste très présente. Environ 200 000 personnes, majoritairement issues de cette communauté, sont toujours déplacées.
C’est le cas de l’activiste féministe Nour Salam qui vit désormais à Damas depuis les massacres. Interrogée par Oriane Verdier pour RFI, elle décrit une menace toujours active : « Les groupes armés bédouins représentent un danger concret, car ils ont déjà été liés à des attaques contre des civils, des enlèvements, des pillages et des incendies de maisons dans les villages autour de Soueïda », explique-t-elle.
Selon elle, « les attaques n’ont pas vraiment cessé », évoquant « des bombardements quotidiens avec des mortiers, des drones et plus récemment des roquettes ». Elle ajoute que « plusieurs civils ont été enlevés près des frontières de Soueïda », estimant que ces groupes « continuent de représenter une menace réelle, surtout en l’absence d’une intervention claire et efficace de l’État ».
Si le rapport des Nations unies représente un espoir, elle dénonce en revanche l’attitude des autorités syriennes. (...)
Sur place, les habitants vivent dans une situation de siège. L’insécurité sur les routes limite l’acheminement des biens de première nécessité, tandis que les coupures d’électricité sont fréquentes.