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Marie-Claude Saliceti
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Chronique de Palestine
Soumis à la torture et à des traitements dégradants, le docteur Abu Safiya est en danger de mort !
#Israel #Gaza #Cisjordanie #genocide #famine #tortures #cessezleFeu
Article mis en ligne le 9 avril 2026
dernière modification le 6 avril 2026

« Israël doit libérer immédiatement le docteur Hussam Abu Safiya, médecin originaire de Gaza », ont déclaré sans ambiguïté des experts de l’ONU dans un récent communiqué.

Le Dr Abu Safiya a été « soumis à la torture et à d’autres traitements cruels et dégradants », ont-ils déclaré. Son état de santé est « critique ».

Beaucoup connaissent déjà ce médecin palestinien emblématique de Gaza.

Pourtant, l’attention hautement justifiée et urgente portée à son cas ne doit pas s’arrêter à lui. Elle doit plutôt mettre en lumière la catastrophe plus large qui frappe le secteur de la santé à Gaza — un secteur délibérément démantelé dans le cadre du génocide en cours qui a débuté le 7 octobre 2023.

Les Palestiniens et d’autres continuent de qualifier ce génocide de « en cours ».

Ce n’est pas une exagération. Bien que le nombre de morts causées par les bombes ait diminué, le génocide se poursuit car la destruction de Gaza, et de toutes les infrastructures civiles nécessaires à la survie, continue de produire le même résultat : des Palestiniens meurent toujours en conséquence directe de ces mêmes politiques.

Cela a affecté tous les aspects de la vie des Palestiniens à Gaza qui garantissent leur survie – de l’eau et la nourriture aux soins médicaux.

S’exprimant lors d’une conférence de presse de l’OMS au Caire le 8 octobre 2025, le Dr Hanan Balkhy, responsable régionale de l’Organisation mondiale de la santé pour la Méditerranée orientale, a mis les choses à plat.

Bien qu’elle se soit exprimée en termes institutionnels, soulignant les besoins urgents de Gaza en matière de soins de santé, son témoignage a confirmé l’ampleur des ravages causés par le génocide israélien à Gaza.

Plus de 1700 professionnels de santé ont été tués à Gaza depuis le début du génocide, a-t-elle rappelé. La majorité des hôpitaux de Gaza ont été détruits ou rendus inopérants, seuls quelques-uns fonctionnant partiellement.

Et au moins 455 Palestiniens sont morts de faim, dont 151 enfants, en l’espace de quelques mois.

Parmi tous les chiffres horribles que le génocide de Gaza a engendrés — et continue d’engendrer —, une constante s’impose : pour chaque victime supplémentaire, il y a un nombre équivalent de personnes censées les sauver qui ont elles aussi été tuées. (...)

Dès les premiers jours du génocide, Israël a placé les hôpitaux de Gaza au centre de son offensive. (...)

L’assassinat de médecins, le bombardement d’hôpitaux et la détention de personnel médical n’étaient pas des incidents isolés. Ils s’inscrivaient dans une stratégie plus large : rendre Gaza inhabitable en démantelant les systèmes qui permettent la survie.

Privés de soins, dépouillés de leurs infrastructures et privés des moyens de survivre, les Palestiniens n’avaient plus guère d’autre choix que de fuir vers le sud, pour finir par être chassés hors de Gaza.

C’est pourquoi le Dr Abu Safiya est devenu un personnage si central. Et chaque médecin tué, blessé ou détenu mérite qu’on se souvienne de lui comme de l’expression la plus haute de l’engagement humain en faveur de la vie.

Le Dr Abu Safiya incarne toutes ces qualités. (...)

À l’hôpital Kamal Adwan, dans le nord de Gaza, Abu Safiya est resté à son poste alors que les forces israéliennes avançaient vers l’établissement, déjà submergé par des vagues de blessés et de civils déplacés.

Malgré le manque de carburant, de médicaments et de personnel, il a continué à soigner les patients tout en aidant à protéger ceux qui s’étaient réfugiés dans l’enceinte de l’hôpital.

Au cours des derniers jours précédant son arrestation, le 27 décembre 2024, il faisait partie des derniers médecins les plus anciens encore en activité à l’hôpital, supervisant les soins dans des conditions qui défient toute conception conventionnelle de la pratique médicale.

Une image est survenue qui l’a magnifiquement défini.

Cette image a largement circulé car elle résumait, en un seul cliché, la réalité de Gaza : ceux qui soignent, debout et désarmés, face à ceux qui détruisent.

Cette destruction perdure aujourd’hui, alors même que l’attention mondiale s’est tournée vers d’autres horizons, aggravant ainsi le danger qui pèse sur une Gaza assiégée.

« Israël doit libérer le Dr Abu Safiya et l’ensemble du personnel soignant », ont déclaré des experts de l’ONU. Israël devrait également libérer tous les prisonniers palestiniens, lever le siège et mettre fin au génocide dans son intégralité.

« Les États ont le pouvoir de mettre fin à son calvaire », ont-ils déclaré. Ils ont raison — et rien ne peut justifier moralement ou juridiquement leur inaction.