Au Soudan du Sud, un ultimatum de 72 heures a été lancé, vendredi 6 mars, par l’armée gouvernementale à l’attention de la Minuss, la mission des Nations unies au Soudan du Sud pour qu’elle quitte Akobo, ville frontalière de l’Éthiopie dans le Jonglei, à l’est du pays. L’armée du président Salva Kiir prévient qu’elle va attaquer ce bastion de l’opposition de Riek Machar, le vice-président toujours détenu à Juba et demande à la Minuss de fermer sa base. Akobo est par ailleurs un hub humanitaire. Les ONG et les civils sont aussi priés d’évacuer et ce alors que la réponse humanitaire était à peine en train de se mettre en place à Akobo, après des semaines de combats dans le Jonglei.
C’est une annonce que redoutaient les plus de 42 000 déplacés ayant trouvé refuge à Akobo courant février. Ils ont fui leurs villages situés plus à l’ouest, face aux bombardements aériens et aux attaques au sol de l’armée sud-soudanaise pourchassant les forces d’opposition. La présence des casques bleus à Akobo offrait aux déplacés un sentiment de sécurité. Mais après quelques semaines de répit, la guerre les rattrape.
Joint par RFI, Nhial Lew, responsable de la branche humanitaire du gouvernement local à Akobo, explique que les ONG venaient tout juste de terminer l’enregistrement des déplacés arrivés ces dernières semaines. Et ce, afin que de l’aide soit enfin distribuée dans les tous prochains jours. (...)