Des trous dans le CV, une mauvaise maîtrise de la langue française ou encore un manque d’expérience dans certains domaines sont autant de freins à l’embauche des réfugiés en France. Pour tenter de faciliter leur intégration par leur travail, un salon de l’emploi pour les réfugiés était organisé à Paris ce jeudi avec une trentaine de grandes entreprises. L’événement a réuni environ 700 personnes, soit plus du double attendu. Reportage.
(...) Ce jeudi 26 mars, une jeune femme, chasuble bleu estampillé du logo de Tent France sur le dos, tente de faire patienter la foule qui s’agglutine devant la Bourse du travail, dans le centre de Paris.
Des dizaines de personnes font la queue calmement avant de pouvoir entrer dans le bâtiment, où se tient le troisième salon de l’emploi pour les réfugiés organisé par Tent France, un réseau de 50 grandes entreprises engagées dans l’intégration des exilés ayant obtenu une protection internationale. Toute la matinée, la file d’attente ne désemplit pas et occupe une grande partie du trottoir de la rue adjacente à la Bourse du travail. (...)
Si 57 % des réfugiés travaillaient avant d’arriver en France, leur taux d’activité tombe à 40 % la première année suivant l’obtention de leur statut, selon une étude de l’Insee en 2023.
Une trentaine de grandes entreprises
Toute la matinée de ce jeudi, de 9h30 à 13h, les employeurs enchaînent les entretiens avec les candidats sous forme de speed-dating. Une trentaine de grandes entreprises, partenaires du réseau Tent, sont représentées pour l’occasion : L’Oréal, Zara, Amazon ou encore le groupe hôtelier Hyatt. (...)
Anil Sharma, de l’association La voix des réfugiés, tente d’orienter les candidats selon leurs profils. Cet homme qui parle huit langues veut aussi les mettre à l’aise. (...)
Au premier étage, devant le stand de l’entreprise de vente et d’achat en ligne Amazon, c’est l’effervescence. (...)
Le stand de McDonald’s aussi connaît un franc succès. (...)
Chez Uniqlo aussi, on met en avant la politique de diversité et d’inclusion. La marque japonaise essaye d’appliquer sa philosophie du "simple et accessible à tous" dans ses magasins à ses recrutements. (...)
Les métiers proposés ce jeudi matin sont principalement dans des secteurs en manque de main-d’œuvre, et demandant peu de qualifications. Mais pour les réfugiés ayant fait des études dans leur pays d’origine, candidater pour ce type de postes peut être difficile.
Seulement 2 % des réfugiés occupent des fonctions de cadre lors de leur premier emploi en France, selon une enquête sur l’intégration des primo-arrivants du ministère de l’Intérieur.