L’organisation non gouvernementale de défense (ONG) des droits humains Amnesty international publie aujourd’hui, comme tous les ans, son rapport annuel sur la situation de ces droits dans le monde – pays par pays. Ce dense document est une alerte, dont les auteurs constatent, accablés, que notre planète « est à l’aube d’une nouvelle ère dangereuse, caractérisée par des attaques de grandes puissances, d’entreprises et de mouvements anti-droits contre le multilatéralisme, le droit international et les droits humains ».
Dans son rapport, Amnesty international relève notamment qu’ « Israël a poursuivi son génocide contre la population palestinienne de Gaza malgré l’accord de cessez-le-feu » conclu en octobre 2025, et a d’autre part « maintenu le système d’apartheid qu’il impose aux Palestinien·nes, tout en accélérant l’expansion des colonies illégales en Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem-Est, et en prenant des mesures en vue d’une annexion » de ces territoires.
À l’autre bout du monde, « les États-Unis (...)
Devant la gravité de la situation, Amnesty presse « les États, les organismes internationaux et la société civile » de se mobiliser pour « empêcher ce nouvel ordre mondial de s’imposer » : c’est ce que demande aussi Agnès Callamard, présidente de l’ONG, dans sa longue introduction à cet alarmant rapport annuel, que nous reproduisons ici avec son aimable autorisation.
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Ne nous y trompons pas : les annonces de la mort de l’ordre international fondé sur des règles sont très exagérées. Ces annonces ne sont pas faites parce que le système ne fonctionne pas, manque d’efficacité ou fonctionne trop lentement, mais parce qu’il ne sert pas les intérêts de celles et ceux qui règnent sur la politique et l’économie et de leurs flagorneurs. Ces puissants aimeraient aujourd’hui nous faire croire que tout cela n’était qu’une chimère, une belle fiction désormais obsolète.
Nous devons résister à un tel discours, en défendant les garanties prévues par les normes, en nous opposant à ces attaques, qui sont les pires menées contre l’ordre fondé sur des règles instauré à partir de 1948 et en faisant évoluer cet ordre pour qu’il tienne mieux et davantage ses promesses. (...)
Lire aussi :
– (Amnesty International)
Dossier
Rapport annuel d’Amnesty International : le monde menace de basculer
Comme chaque année depuis 65 ans, nous publions notre rapport annuel sur la situation des droits humains dans le monde. En 2025, nos équipes ont enquêté sur le terrain, recoupé des témoignages et informations dans 144 pays, dont la France, et ce en toute indépendance et impartialité. Notre état des lieux doit nous alerter collectivement : la loi du plus fort pourrait prendre le pas sur l’État de droit. Face à la montée des pratiques autoritaires dans le monde, aucun pays n’est à l’abri de basculer. Mais la résistance se lève : elle doit nous porter.
Le rapport annuel d’Amnesty International, c’est 500 pages d’alerte, d’enquêtes, de dénonciation. Un signal d’alarme pour rappeler aux États qu’ils sont responsables de la situation des droits humains dans leur pays.
Nous avons réuni dans ce dossier trois articles pour vous donner toutes les clés de compréhension d’un rapport de référence. Car nous sommes à un tournant. Aujourd’hui, les droits humains sont attaqués frontalement. L’humanité est en danger. Mais la résignation n’est pas une option, le droit international n’est pas une illusion. Cette année, notre rapport est un appel à résister à la « loi du plus fort ».
Des 500 pages de notre rapport annuel, voici ce qu’il faut retenir .
Sommaire :
- 2025 : des prédateurs veulent imposer une nouvelle ère
- La France n’est pas à l’abri des pratiques autoritaires
(...) Nos équipes ont déjà documenté des signes avant-coureurs de pratiques autoritaires en France. Parmi ces signes : banalisation des discours racistes, banalisation des attaques contre l’État de droit, répression de la société civile. À un an de l’élection présidentielle, ces signaux doivent particulièrement nous alerter. Et les identifier, c’est déjà une façon d’y résister. (...)
- Les raisons d’espérer : la Gen Z en résistance
(...) En 2025, la jeunesse a été le porte-drapeau de cette lutte pour nos droits en organisant des manifestations puissantes de résistance et de solidarité. La Gen Z est descendue en force dans les rues : au Népal, au Bangladesh, au Maroc… Elle s’est opposée à la censure, aux inégalités, elle a réclamé plus de justice. Et des avancées concrètes ont été obtenues. Oui, les mobilisations perturbent le cours des choses.
Pour montrer ce formidable élan, Amnesty International a créé une carte interactive pour montrer la pluralité et la force des combats de cette génération qui se bat pour ses droits. (...)
- Alors on fait quoi ?
(...) Alors aujourd’hui, nous avons à faire un choix, simple mais courageux : celui de défendre les droits humains, défendre le droit international et dire NON à la loi du plus fort. La résistance est un long chemin. Mais ensemble, nous pouvons nous lever. Ensemble, nous avons le pouvoir de résister. L’humanité doit toujours triompher.
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