Depuis quatre ans, la Fédération française des trucs qui marchent collecte des initiatives nées à l’échelle d’un territoire, sous l’impulsion d’un élu. Elles ont fait leurs preuves sur le terrain et peuvent être dupliquées dans un autre territoire. Soixante-dix d’entre elles ont déjà été ainsi repérées, présentées sur un site et dans un livre. Raphaël Ruegger, 25 ans, a participé à la création de cette association originale qui fait la part belle à l’intérêt général et à l’action publique de proximité.
Il peut s’agir d’initiatives simples dont on a parfois oublié le bien-fondé. Ou d’actions plus ambitieuses, porteuses de solidarité, de citoyenneté, de bienveillance. À Quimper, quatre fois par an, ce sont plus de 250 personnes qui participent à chaque thé dansant. « L’initiative, souligne Raphaël, illustre qu’un format simple, peu coûteux et régulier peut devenir un puissant moteur de lien social et de dynamisme communal. » À Plougastel-Daoulas, une alternative joyeuse a vu le jour, le Coreff Book des records, « une manière originale de valoriser les initiatives locales tout en créant du lien. » Pour lutter contre la solitude de certaines personnes âgées, la ville de Plœmeur invite les aînés à la table des enfants un mercredi par mois. A Saint-André-des-Eaux, commune des Côtes-d’Armor de 395 habitants, un hameau dit léger a remplacé un lotissement classique, revitalisant le village tout en offrant un modèle reproductible… Autant de bonnes idées et de pratiques prometteuses... de trucs qui marchent !
Un tour de France à la rencontre des élus municipaux
Raphaël Ruegger est originaire de Neuvy-sur-Barangeon, petite commune de 1200 habitants, située dans le Cher, non loin de Vierzon et de Bourges. Après son bac, qu’il obtient à 16 ans, il quitte son village pour suivre des études, d’abord en classe préparatoire à Tours puis à l’Essec, une école de commerce à Cergy-Pontoise. En 2020, il s’engage dans la vie municipale de Neuvy-sur-Barangeon et devient conseiller alors qu’il n’a que 19 ans.
Tandis que les copains partent à l’étranger poursuivre leurs études, lui souhaite effectuer un tour de France pour rencontrer des élus de petites communes ou de plus grandes villes et mieux comprendre la fonction d’élu. Il est alors en stage à Paris à Evidence, un cabinet de conseil en stratégie et communication, spécialisé dans les projets urbains et immobiliers. Les valeurs des dirigeants lui conviennent, « fondées sur une véritable culture de l’intérêt général et de l’action publique ». (...)
Révéler l’efficacité de l’action publique locale
Le « truc qui marche » répond à trois critères : il doit être né à l’échelle d’un territoire à l’initiative d’un maire ; il doit avoir fait ses preuves sur le terrain, son efficacité doit être vérifiable ; enfin, il doit pouvoir être dupliqué dans un autre territoire grâce au soutien de l’élu « fondateur » de l’initiative. (...)
70 initiatives et trucs qui marchent déjà collectés (...)
Une dizaine de partenaires, entreprises françaises, mutuelles, assurances, soutiennent financièrement l’aventure, permettant ainsi de financer un poste de chargé de mission pour l’association ainsi que le tour de France et les événements. Raphaël, aujourd’hui consultant au sein du cabinet Evidence, contribue au bon fonctionnement de l’association.
Chaque année aussi, est organisée, la veille du salon des maires, une grande soirée au cours de laquelle les élus présentent eux-mêmes les trucs qui marchent. (...)