Les lauréat·es du programme PAUSE du Collège de France, attendu·es par 63 institutions culturelles françaises pour accueillir “Les Monologues de Gaza“ ne peuvent quitter leur territoire à cause de l’inertie de l’État français. Pourquoi ?
(...) De fait, la lecture du communiqué de presse envoyé une semaine auparavant faisait chaud au cœur : “Face à l’urgence humanitaire, 34 Centres dramatiques nationaux, 24 Scènes nationales, 3 Théâtres nationaux, 1 compagnie et 1 festival se sont associés pour accueillir et salarier des artistes gazaouis, produire la recréation en France du spectacle Les Monologues de Gaza et coordonner sa tournée dans la soixantaine de structures nationales partenaires.
Cet engagement est rendu possible grâce au soutien du programme PAUSE du Collège de France. Trois candidatures viennent d’être acceptées et donnent déjà le coup d’envoi possible pour la mise en production du spectacle et la préparation à l’accueil du groupe. Neuf autres artistes et leur famille sont encore en attente d’une réponse positive. Les raisons du blocage sont à ce jour inconnues.“ (...)
Coordinateur du projet, David Bobée, metteur en scène et directeur du Théâtre du Nord de Lille, raconte comment tout le réseau théâtral français a répondu présent : “En trois jours, on a monté la plus grosse coproduction artistique de toute l’histoire de la décentralisation culturelle.“
Ces Monologues de Gaza, c’est toute une histoire. Un processus d’écriture et de création qui a vu le jour en 2010 pour recueillir et transmettre la parole d’adolescent·es gazaoui.es survivant·es de l’opération Plomb durci (en 2006).
Un blocage total au niveau des ministères de l’Intérieur et des Affaires étrangères (...)
Le but de ce projet consiste à faire venir les artistes ET leur famille et, sur les douze artistes lauréat·es du programme PAUSE, seuls trois célibataires ont reçu leur visa. Mais quand seront-ils évacué·es ? Mystère. Le blocage est total au niveau des ministères de l’Intérieur et des Affaires étrangères pour les neuf lauréat·es restant·es. (...)
Juste avant la conférence de presse, le collectif Ma’an a appris que le programme PAUSE ne s’adressera désormais plus aux artistes de Gaza : “Pourquoi ? D’autres pays européens n’ont pas de problèmes à évacuer des gazaouis. Depuis deux ans, la France n’a autorisé que 27 évacuations de Gaza pour raisons de santé.
Difficile de faire moins. Pourquoi les artistes afghans, birmans, ukrainiens du programme PAUSE obtiennent-ils leurs visas sans difficulté ? Pourquoi l’effacement, l’anéantissement de ce projet ? C’est comme si le RN était déjà au pouvoir.“ (...)